Relation possible entre diabète maternel et PA de l’enfant

L’exposition fœtale à l’environnement maternel n’est pas sans conséquence à long terme. Les facteurs de risque de la mère vont pendant toute la durée de la grossesse affecter l’enfant de manière variable mais les données épidémiologiques sont loin d’être abondantes ou convaincantes. Ainsi, l’impact du diabète maternel sur la santé cardiovasculaire de l’enfant est mal établi.

C’est là tout l’intérêt d’une étude de cohorte de naissance prospective, intitulée Generation XXI, dans laquelle ont été inclus 8 301 binômes mère-enfant, dont 586 (7,1 %) concernés par le diabète maternel. Les descendants ont été suivis de manière prospective, notamment sur le plan tensionnel, les valeurs de la PA étant effectivement mesurées aux âges de 4, 7 et 10 ans. Les associations éventuelles entre ces variables ont été modélisées dans le cadre d’une régression linéaire couplée à un modèle à effets mixtes pour prendre en compte les variations de la PA en fonction du temps et du groupe. Enfin, une analyse spécifique a permis de quantifier les effets des médiateurs potentiels.

Une association avec la PA systolique à l’âge de 10 ans

Le traitement des données a révélé une association entre le diabète maternel et les valeurs de la PA des descendants à l’âge de 10 ans (systolique: β, 1,48 et diastolique: β, 0,86). Cette relation s’est avérée indépendante des particularités périnatales et c’est sur l’indice de masse corporelle (IMC) qu’elle semble principalement reposer. Les autres variables potentiellement impliquées par l’analyse de médiation arrivent en second, qu’il s’agisse de l’âge gestationnel, de l’accouchement ou encore du poids de naissance. Aux âges de 4 et 7 ans, aucune différence significative n’a été détectée pour ce qui est de la PA entre les groupes. L’analyse longitudinale, pour sa part, a mis en évidence une augmentation accélérée de la PA (β, 1,16) en cas de diabète maternel, a fortiori chez les descendants de sexe masculin.

Cette étude de cohorte prospective plaide en faveur d’une association significative entre le diabète maternel et les chiffres de PA mesurés chez les descendants dès lors qu’ils ont atteint l’âge de 10 ans. C’est l’IMC de l’enfant qui serait le médiateur principal de cette relation, une notion intéressante qu’il convient de confirmer avant d’en tirer des conclusions hâtives. Quand bien même le protocole de l’étude Generation XXI semble avoir été optimisé, les résultats reposent in fine sur une comparaison cas-témoins qui rend difficile l’exclusion de tous les biais possibles et imaginables, d’autant que l’analyse des données repose sur des méthodes d’une complexité certaine.

Dr Philippe Tellier

Référence
Miranda JO et coll. : Maternal Diabetes Mellitus as a Risk Factor for High Blood Pressure in Late Childhood. Hypertension. 2019 ; 73(1):e1-e7.

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