Les salmonelles, principaux responsables des diarrhées bactériennes

Les salmonelles non typhoïdiques (SNT) sont des agents majeurs des infections d’origine alimentaire. Chez les enfants sains, ces infections restent habituellement confinées au tube digestif. A l’inverse le jeune âge, une maladie sous-jacente ou un déficit immunitaire exposent à un risque de maladie invasive.

Des pédiatres infectiologues leur consacrent une mise au point. Le genre Salmonella (S) fait partie des entérobactéries et inclut 2 espèces dont pratiquement seules les S enterica intéressent la pathologie humaine ; celles-ci sont divisées en 6 sous-espèces. Les S typhi et paratyphi, agents des typhoïdes, ne concernent que l’espèce humaine et les S typhimurium et enteritidis ont une large distribution animale mais peuvent infecter l’homme. Parmi les bactéries, les S sont les agents les plus fréquents des gastro-entérites. Les bactériémies touchent moins de 5 % des sujets immunocompétents dans les pays développés ; à l’inverse, en cas de déficit immunitaire, le taux pourrait atteindre 21 %. En Afrique, les infections à S sont beaucoup plus fréquentes dans toutes les tranches d’âge et le taux de mortalité est notable. La résistance des S à l’ampicilline, au triméthoprime-sulfaméthoxazole et au chloramphénicol est commune. La résistance à la ceftriaxone et au ciprofloxacine émerge partout dans le monde.
La transmission par l’alimentation animale, la contamination de la chaîne alimentaire ou le contact avec les animaux domestiques sont responsables des infections à S et concourent à ces résistances en raison des antibiotiques (AB) utilisés couramment dans certains pays. Les enfants sont particulièrement à risques d’acquérir une S invasive et résistante.

Les antibiotiques pas automatiques

La pathogénie des S est bien établie. Les germes envahissent l’épithélium intestinal et déclenchent un afflux de polynucléaires neutrophiles responsable d’une diarrhée inflammatoire. Les S gagnent le chorion sous-jacent et restent viables au sein des phagocytes. En l’absence de facteurs favorisants, l’infection reste localisée. Du fait de la virulence de certaines souches ou de l’affaiblissement du terrain, les bactéries survivent, peuvent gagner le foie, la rate et la moelle et déterminer une infection générale. La diarrhée est habituellement non sanglante, limitée dans le temps, parfois sanglante accompagnée de signes généraux. Les bactériémies sont une complication rare dont la fréquence varie selon l’âge (< 3 mois) et l’aire géographique. Les infections localisées comprennent les méningites, ostéomyélites, arthrites septiques, abcès des tissus mous, pneumonies favorisées par les déficits immunitaires et la drépanocytose. Le portage après diarrhée dure de 5 à 7 semaines parfois beaucoup plus longtemps. Il est favorisé par les AB qui ne raccourcissent pas la durée de la diarrhée. De fait, les AB sont réservés aux jeunes nourrissons et aux déficits immunitaires. Le traitement des formes systémiques fait appel aux AB à bonne diffusion intra-cellulaire comme la ceftriaxone, les fluoroquinolones, l’azithromycine les carbapénèmes.

En conclusion, les salmonelles sont les agents les plus fréquents des diarrhées bactériennes. Leurs signes et gravité varient beaucoup selon le terrain des patients et l’aire géographique. Les infections systémiques sont rares mais sévères.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Wen SCH et coll. : Non-typhoidal Salmonella infections in children: review of literature and recommendations for management. J Pediatr Child Health., 2017; 53: 936-941.

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