Combiner exercice physique et entraînement cognitif après l’AVC

L’accident vasculaire cérébral (AVC) peut être à l’origine de troubles cognitifs qui, en fonction du siège des lésions, vont du ralentissement aux troubles attentionnels et exécutifs, de même que les patients ayant eu un AVC présentent un risque accru de développer une déficience cognitive vasculaire. L’ « entraînement cognitif » est une voie prometteuse de réadaptation pour le déclin des fonctions supérieures dans diverses maladies neurodégénératives. L’activité physique exerce également des effets bénéfiques sur la fonction cognitive : il a notamment été montré qu’elle améliore la fonction cognitive chez les patients atteints de démence et qu’elle réduit le risque d’apparition de cette dernière. Mais existe-t-il une potentialisation des effets si l’on combine les 2 traitements ? Une étude dans Clinical Rehabilitation évalue à ce propos les effets de l'intervention combinée de l’activité physique et de l'entraînement cognitif sur la fonction cognitive, chez des patients présentant une déficience cognitive vasculaire consécutive à un AVC.

Dans cet essai contrôlé randomisé à simple insu ont été inclus un total de 225 patients, d’âge moyen 64,59 ans, (écart-type = 4,27) présentant un déficit cognitif vasculaire. Ils ont été randomisés dans l'un des quatre groupes suivants : exercice physique (n = 56 ; séance de 50 minutes), entraînement cognitif (n = 57; séance de 60 minutes), intervention combinée d’exercice physique et d’entraînement cognitif (n = 55 ; séance de 50 minutes + séance de 60 minutes), ou groupe témoin (n = 57; séance classique de rééducation de 45 minutes). Pour tous, il y avait une séance trois jours par semaine  pendant 12 semaines. Le suivi comportait des évaluations au début, en fin d'intervention, et six mois après, par des mesures neuropsychologiques incluant le trail making test, le test de Stroop, l’empan mnésique et le test de rotation mentale.

Des effets plus importants sur la fonction cognitive

Au total, 179 participants (taux de réponse de 79,56 %) ont terminé l’étude. Les performances cognitives sur les quatre types de tests étaient nettement améliorées après l’intervention dans le groupe avec entraînement combiné (p < 0,01). De plus, les modifications de performances cognitives étaient plus importantes dans ce dernier groupe que pour le groupe avec exercice physique (par exemple pour l’empan mnésique : 13,61 % contre 2,18 %, p = 0,003), que pour le groupe avec entraînement cognitif (par exemple pour le test de rotation mentale, 17,36 % contre 0,87 %, p = 0,002) et en fin que pour le groupe témoin (par exemple pour le test de Stroop, -4,11 % vs. -0,72 %, p = 0,026).

Ainsi, chez les patients ayant une déficience cognitive vasculaire, la combinaison de l'exercice physique et de l'entraînement cognitif aboutit à de plus grandes améliorations de la fonction cognitive que ces mêmes interventions isolées. Plusieurs mécanismes biologiques peuvent expliquer l'amélioration cognitive liée à l'activité physique : l’amélioration du métabolisme neuronal et de l’apport en oxygène, la diminution de la perte du tissu cérébral, et l’augmentation de la production de facteurs neurotropes. Quant à la rééducation neuropsychologique, elle semble être particulièrement favorable  aux domaines de l’exécution, à la gestion de la double tâche, à l’attention et à la mémoire. En outre, cette étude montre que l’effet sur la fonction cognitive semble se maintenir sur le long terme (plus de 6 mois).

Anne-Céline Rigaud

Référence
Wang Bo Clinical et coll.: Effects of combined intervention of physical exercise and cognitive training on cognitive function in stroke survivors with vascular cognitive impairment: a randomized controlled trial. Clinical Rehab. 2019; 33. doi: 10.1177/0269215518791007.

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