Des multiples conséquences d’une endométriose sur la qualité de vie

L'endométriose est une maladie estrogéno-dépendante, évolutive et chronique, caractérisée par la présence et la croissance de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine (ovaire, ligaments utérins, sigmoïde, péritoine pelvien, col utérin, avec extension rare mais possible à la plèvre et au péricarde). Son incidence est de 5 à 15 % parmi les femmes en âge de procréer qu'elle affecte principalement, et, même si certaines patientes sont asymptomatiques, elle entraîne principalement une dyspareunie, une dysménorrhée et une infertilité. Elle est à l'origine de nombreux problèmes sur les plans social, psychologique et même émotionnel.

Une récente étude de la Société Brésilienne de Reproduction Humaine a cherché à décrire la qualité de vie des femmes endométriosiques et les facteurs qui la modulent à partir d'une revue de la littérature des études publiées en anglais et portugais sur les 5 dernières années. Dix-huit études ont été retenues pour leur qualité méthodologique.

Impact sur la sexualité, la fertilité, la vie professionnelle et sociale

La douleur pelvienne chronique s'est avérée l’élément clinique le plus important avec un lourd tribut pour la qualité de vie. Cette douleur, principalement, mais pas seulement menstruelle, peut être aiguë ou chronique, souvent invalidante, avec un retentissement gênant sur le sommeil, la mobilité et l'alimentation. L'intensité de la douleur est directement liée au stade de la maladie et à la taille et la localisation des implants. Elle peut cependant être aussi influencée par des facteurs psychologiques. Sur le plan sexuel, les patientes rapportent moins de rapports sexuels ou de plus fréquentes interruptions des rapports sexuels à cause de la douleur. La moitié d’entre elles décrivent un retentissement de cette dyspareunie sur leur qualité de vie. Enfin, une autre plainte importante, l'infertilité, est rapportée par 90 % des femmes souhaitant une grossesse. Cette situation, à l'origine d'incertitudes sur la conception ultérieure, peut mener à des ruptures de couple et à de vraies dépressions. L'endométriose atteint des femmes jeunes, en activité professionnelle. Elle réduit aussi la qualité de vie au travail, générant de nombreux arrêts de travail avec une baisse de productivité allant jusqu'à 60 %. Elle favorise même, dans certaines études, un éloignement social.

Le traitement médical et chirurgical a pour but de contrôler les symptômes et de pratiquer l'exérèse ou de réduire les implants endométriosiques. A court terme, la chirurgie est efficace sur la dyspareunie et la dysménorrhée, avec une amélioration significative de la qualité de vie, même si on ne peut exclure une récidive. C'est pourquoi un bilan pré-opératoire complet est indispensable pour adapter le geste chirurgical au mieux. De son côté, l'hormonothérapie prolongée est efficace sur les douleurs, même en cas d'endométriose profonde, mais elle ne fait pas disparaitre les éventuels nodules. D'après la littérature, les traitements médical et chirurgical font jeu égal pour améliorer la vitalité physique et psychologique, la douleur et l'état général. Plusieurs auteurs conseillent cependant d'y associer une bonne hygiène de vie: exercice, sommeil et alimentation.

Dr Catherine Azoulay

Référence
Ferreira ALL et coll. : Quality of life of the woman carrier of endometriosis: systematized review. Reprod Clim. , 2016 ; Publication avancée en ligne le 25 janvier. DOI.org/10.1016/j.recli.2015.12.002

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