HPV : des virus oncogènes

Les HPV, une famille de virus

Les HPV ou papillomavirus humains sont une famille de virus composée de plus de 150 génotypes classés en fonction de leur potentiel oncogénique. Une quinzaine d’entre eux sont dits à haut risque oncogène, parmi lesquels les HPV 16 et 18 sont les plus fréquemment en cause dans l’apparition de cancers. Certains HPV peuvent également être à l’origine de lésions bégnines comme les verrues génitales(1,3).
Les HPV oncogènes sont responsables de près de 100 % des cancers du col de l’utérus, mais aussi d’environ 90 % des cancers de l’anus, 70 % des cancers du vagin, 40 % des cancers de la vulve, 50 % des cancers du pénis et 13 à 72 % des cancers de l’oropharynx(3).

Un mode de transmission par contact intime

La contagiosité des HPV est très forte et repose sur une transmission par contact intime, principalement lors des rapports, avec ou sans pénétration. Ce qui explique l’incidence particulièrement élevée de l’infection à HPV après les premières relations sexuelles. La transmission des HPV pourrait également avoir lieu via le contact avec des surfaces ou du matériel médical infectés(4).

Une prévention contre les principaux HPV oncogéniques

Le moyen le plus efficace pour prévenir les infections aux types HPV responsables de la majorité des lésions pré-cancéreuses et cancéreuses ano-génitales est la vaccination. La vaccination est recommandée pour les jeunes filles de 11 ans à 14 ans et en rattrapage entre 15 et 19 ans révolus. Quel est le meilleur moment pour procéder à la vaccination ? Le plus tôt possible est le mieux.
D’une part, si la vaccination des jeunes filles a lieu avant 14 ans, le schéma vaccinal peut être réduit à 2 doses du fait d’une meilleure immunogénicité(6). D’autre part, il est préférable de vacciner avant que les jeunes filles n’aient été exposées au risque d’infection par les HPV(5,6).
En effet, même s’ils peuvent mettre plusieurs dizaines d’années à évoluer vers un cancer, les HPV s’acquièrent généralement dans les cinq années suivant les premiers rapports intimes(4,5).
Même si elle réduit de manière importante le risque d’infection contre les types vaccinaux de HPV, la vaccination n’est pas efficace à 100 %. Pour ce qui est du cancer du col de l’utérus, un moyen de prévention complémentaire existe : le dépistage. Il vise à détecter les lésions pré-cancéreuses ou cancéreuses existantes à un stade précoce, afin d’éviter leur évolution vers un cancer invasif. Le frottis est à réaliser tous les 3 ans chez les femmes entre 25 ans et jusqu’à 65 ans, après deux examens normaux à un an d’intervalle(5,6). La vaccination ne se substitue pas au frottis. Ce sont deux moyens complémentaires de protection(6). Par ailleurs, il n’existe pas de dépistage en population générale pour les autres cancers liés à HPV. Qu’en est-il pour la population masculine ? Les hommes sont également concernés par les cancers HPV induits, comme les cancers de l’anus ou du pénis(8). Aujourd’hui, la vaccination est recommandée jusqu’à l’âge de 26 ans pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH)(6).

POUR ALLER PLUS LOIN
- 75% des hommes et des femmes sexuellement actifs seront infectés par un HPV au cours de leur vie(7)
- Environ 5 700 nouveaux cas de cancers par an en France concernant 6 types de cancers sont liés à des HPV à haut risque oncogène(8-10)
- Entre 11 et 13 ans, l’injection du vaccin anti-HPV peut être réalisée au moment du rappel dTcaP (diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite) ou avec un vaccin contre l’hépatite B, ainsi que le vaccin contre le méningocoque de sérogroupe C dans le cadre du rattrapage vaccinal(6)

Information communiquée par MSD Vaccins.
Références
1. Dalgo Aguilar P et al. Prevalence of High-Risk Genotypes of Human Papillomavirus: Women Diagnosed with Premalignant and Malignant Pap Smear Tests in Southern Ecuador. Infect Dis Obstet Gynecol. 2017;2017:8572065.
2. Forman D et al. Global burden of human papillomavirus and related diseases. Vaccine. 2012;30 Suppl 5:F12-23.
3. Lee LY, Garland SM. Human papillomavirus vaccination: the population impact. F1000Res. 2017;6:866.
4. Gavillon N et al. How did I contract human Papillomavirus (HPV)? Gynecol Obstet Fertil. 2010 Mar;38(3):199-204.
5. INCa. La vaccination contre les infections liées aux papillomavirus humains (HPV) pour prévenir le cancer du col de l’utérus. http://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/ Facteurs-de-risque-et-de-protection/Agents-infectieux/Prevenir-le-cancer-du-col-de-l-uterus. Site consulté le 23/09/2017.
6. Ministère des affaires sociales et de la santé. Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2017.
7. Moscicki AB. Impact of HPV infection in adolescent populations. J Adolesc Health. 2005;37(6 Suppl):S3-9.
8. Hartwig S et al. Estimation of the overall burden of cancers, precancerous lesions, and genital warts attributable to 9-valent HPV vaccine
types in women and men in Europe. Infect Agent Cancer. 2017; 12: 19. Suppl. material.
9. Les cancers en France en 2015. Collection état des lieux et des connaissances, ouvrage collectif édité par l’INCa, Boulogne-Billancourt. http://www.e-cancer.
fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Les-cancers-en-France-Edition-2015).
10. Les cancers en France en 2016. L’essentiel des faits et des chiffres, ouvrage collectif édité par l’INCa. http://www.e-cancer.fr/Actualites-etevenements/
Actualites/Les-cancers-en-France-en-2016-l-essentiel-des-faits-et-chiffres.

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