Microcéphalie à virus Zika : les calcifications cérébrales n’augurent pas de l’évolution


En 2015, le Brésil a dû faire face à une épidémie sans précédent de microcéphalies congénitales. En cause, le virus Zika. Les connaissances se sont depuis bien renforcées concernant l’épidémiologie et la physiopathologie de la maladie. Mais si le nombre des infections a diminué dans la plupart des pays concernés, le virus continue à s’étendre géographiquement partout où les vecteurs sont présents. La vigilance reste donc de mise.

Les praticiens se trouvent maintenant face à une population d’enfants atteints du syndrome congénital associé à l’infection par le virus Zika et un large éventail de signes cliniques et radiologiques, alors que l’évolution clinique de la maladie demeure inconnue. L’un des principaux signes de l’infection par le virus Zika est la présence de calcifications cérébrales au scanner, principalement dans la substance blanche à sa jonction avec le cortex. Quelle est leur évolution à long terme ?Un certain nombre d’enfants atteints de microcéphalie congénitale due au virus ZIka ont développé par la suite une hydrocéphalie. Sa pathophysiologie est encore inconnue, mais son éventualité incite à proposer un scanner régulier pour le suivi des enfants.

Diminution en nombre et en taille des calcifications dans la plupart des cas

C’est ce qui a permis à une équipe brésilienne de comparer les scanners initiaux de 37 enfants atteints avec ceux qui ont été réalisés par la suite, notamment à l’âge d’1 an. Il apparaît qu’au cours du suivi, les calcifications ont diminué en nombre, en taille et/ou en densité, chez 34 de ces enfants. Elles ont complètement disparu chez un enfant et demeurent inchangées chez 2 d’entre eux. En revanche, aucun des patients ne présente d’augmentation des calcifications. Ce sont les calcifications situées dans les lobes pariétal et occipital qui ont le plus souvent disparu.

Malheureusement, la diminution des calcifications n’est pas nécessairement corrélée avec une amélioration clinique. La plupart des enfants se présentent avec des désordres neurologiques importants, comme une épilepsie ou des difficultés d’alimentation et la gravité des troubles ne présente aucune corrélation avec les calcifications, qui, selon les auteurs, ne doivent être considérées, ni comme un élément essentiel au diagnostic, ni comme un élément prédictif de l’évolution de la maladie.

Dr Roseline Péluchon

Références
Calheiros de Lima Petribu N et coll. : Follow-up brain imaging of 37 children with congenital Zika syndrome: case series study.
: BMJ 2017;359:j4188

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