De la vitamine C contre le choc septique ?

Au cours du choc septique, l’inflammation et le stress oxydatif agissent comme une tornade biochimique provoquant vasoplégie et fuite capillaire généralisées. C’est ainsi que cette pathologie atteint des taux de mortalité record allant de 50 %  pour les pays riches à 60 % pour les nations moins dotées. Depuis 30 ans, de nombreuses études de phase 2 cherchent désespérément une approche thérapeutique efficace.

Des médecins américains ont  observé sur 3 patients en sepsis fulminant que l’administration de vitamine C par voie intraveineuse associée à l'hydrocortisone conduisait à une récupération spectaculaire. En théorie en effet, l'hydrocortisone et la vitamine C agissent en synergie à plusieurs niveaux de la cascade inflammatoire. De plus, l'hydrocortisone facilite l'assimilation de la vitamine C dans les cellules, et la vitamine C restaure la sensibilité du récepteur aux glucocorticoïdes.
Allant plus loin, dans une étude clinique rétrospective avant-après, ils comparent l'évolution clinique des patients septiques traités par la vitamine C par voie intraveineuse et hydrocortisone pendant une période de 7 mois (groupe traité) avec un groupe contrôle pris en charge dans leur unité de soins intensifs au cours des 7 mois précédents (groupe contrôle). Le protocole de traitement consiste en une injection de 1,5 g de vitamine C toutes les 6 heures pendant 4 jours ou jusqu'à la sortie des soins intensifs, de l'hydrocortisone (50 mg toutes les 6 heures pendant 7 jours ou jusqu'à la sortie suivie des doses dégressives pendant 3 jours), ainsi que de la thiamine, ajoutée pour réduire le risque de cristallisation d'oxalate au niveau rénal.

Mortalité hospitalière réduite dans le groupe recevant la vitamine C

Le critère principal de jugement est la survie hospitalière. Chacun des groupes (traité et contrôle) est composé de 47 patients. Il n’y a pas de différence significative dans les caractéristiques de base entre les deux groupes. La mortalité hospitalière est de 8,5 % (4 sur 47) dans le groupe traité contre 40,4 % (19 sur 47) dans le groupe témoin (p < 0,001). La probabilité de mortalité ajustée par le score de propension chez les patients traités avec la vitamine C est de 0,13 (intervalle de confiance à 95 % de  0,04 à 0,48, p = 0,002). Tous les patients du groupe de traitement ont été sevrés en vasopresseurs, en moyenne 18,3 ± 9,8 h après le début du protocole de traitement par vitamine C. La durée moyenne du traitement vasopresseur dans le groupe témoin est de 54,9 ± 28,4 h (p < 0,001).

Ces résultats suggèrent que l'utilisation précoce de la vitamine C par voie intraveineuse, associée à des corticostéroïdes et à la thiamine, pourrait être efficace dans la prévention des dysfonctions progressives d’organes au cours du sepsis et réduirait la mortalité des patients atteints de sepsis sévère. Des études supplémentaires sont bien sûr nécessaires pour confirmer ces résultats préliminaires.

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