MICI, un risque accru de cancer chez l’enfant aussi

La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH) ont été associées chez l’adulte au cancer colorectal. Le risque semble plus élevé dans les formes étendues, évoluant depuis longtemps. Des antécédents familiaux de cancer colorectal sont un facteur de risque supplémentaire, ainsi qu’une cholangite sclérosante primitive associée. Mais qu’en est-il chez l’enfant ? Les résultats des études consacrées à ce sujet sont contradictoires et l’évolution des prises en charge oblige à refaire le point régulièrement.

C’est ce que fait une récente étude suédoise dont les résultats viennent d’être publiés. Plus de 9 000 patients ont été inclus et suivis pour une maladie inflammatoire chronique intestinale (RCH n = 4646, maladie de Crohn n = 3768, non classés n = 989). Agés de moins de 18 ans au moment de l’inclusion, ces patients ont été comparés à 92 870 sujets témoins, du même âge, sexe, année de naissance et région de résidence. L’âge moyen des patients à la fin du suivi était de 27 ans.

Un risque plus que doublé

Les données confirment que les MICI sont associées à un risque plus que doublé de cancer chez les enfants. En effet, pendant le suivi, un cancer est survenu chez 497 enfants atteints de MICI (3,3 pour 1 000 personnes-années) et 2 258 enfants de la population témoin (1,5 pour 1 000 personnes-années). Le risque semble supérieur pour les enfants atteints de RCH (Hazard Ratio [HR] 2,6 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] 2,3 à 3,0) que pour le Crohn (HR 1,7 ; IC 1,5 à 2,1). Notons que même les très jeunes patients sont concernés, puisque dans la cohorte, un cancer est diagnostiqué chez 20 enfants avant l’âge de 18 ans (HR 2,7 ; IC 1,6 à 4,4 ; 0,6 pour 1000 personnes-années). Les cancers gastro-intestinaux sont les plus fréquents (n = 202), suivis par les lymphomes et les cancers cutanés. L’augmentation du risque de cancer avant l’âge de 25 ans ne varie pas au fil temps, et reste sensiblement le même au cours des différentes périodes considérées. Notamment, les traitements par thiopurines et les biothérapies n’ont pas modifié les données.

Les auteurs font remarquer que, si le risque relatif est élevé, le risque absolu reste toutefois assez faible. Il n’est pas possible d’exclure complètement un biais lié à une surveillance plus rapprochée des enfants malades, particulièrement de la sphère digestive.
Comme pour les populations adultes, le risque est ici supérieur pour les patients atteints précocement, qui présentent un cholangite sclérosante primitive et des antécédents familiaux de cancer avant l’âge de 50 ans.

Dr Roseline Péluchon

Références
Olén O et coll. : Childhood onset inflammatory bowel disease and risk of cancer: a Swedish nationwide cohort study 1964-2014.
BMJ 2017;358:j3951

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