Hausse des taux de GLP-1 dans les situations critiques

Le Glucagon-like peptide 1 (GLP-1) ou entéroglucagon fait partie des hormones dites incrétines qui stimulent la sécrétion d’insuline lorsque la glycémie est élevée. Comme le GIP (glucose dependent insulinotropic polypeptide), le GLP-1 témoigne des fonctions physiologiques étendues de l’intestin, notamment du duodénum et du jéjunum, lequel agit comme un système endocrinien capable de sécréter de nombreuses hormones, mais aussi des neurotransmetteurs, autant de polypeptides impliqués dans de nombreuses régulations métaboliques. Le GLP-1 est également doué de fonctions régulatrices concernant le système immunitaire. Des taux élevés de cette incrétine ont été détectés chez les patients parvenus à un état clinique critique (ECC). De ce fait, la valeur pronostique de ce biomarqueur méritait d’être évaluée, tout autant que les mécanismes susceptibles de l’expliquer.

C’est là l’objectif d’une étude de type cas-témoins dans laquelle ont été inclus 493 participants répartis en 3 groupes : (1) patient en ECC admis de ce fait en unité de soins intensifs (n = 215) ; (2) d’autres atteints d’une insuffisance rénale chronique terminale (IRCT) (n = 173) ; (3) témoins (pas d’IRC, pas d’inflammation aiguë) (n = 105). Parallèlement, a été menée une série d’expériences in vitro visant à évaluer les effets de prélèvements sanguins -effectués chez certains patients des trois groupes- sur la sécrétion de GLP-1 par des préparations cellulaires.

Corrélation avec les marqueurs de l’inflammation et de la fonction rénale

Dans le groupe ECC, les taux plasmatiques  de GLP-1 se sont avérés 6,35 fois plus élevés que chez les témoins. Une corrélation significative a par ailleurs été établie entre les taux de GLP-1 et ceux des marqueurs de l’inflammation ou encore de la fonction rénale. La même tendance a été observée dans le groupe IRCT, les taux de GLP-1 étant 4,46 fois plus élevés que chez les témoins. In vitro, le sérum des patients du groupe ECC a fortement stimulé la sécrétion de l’incrétine, à la différence du groupe IRCT où la réponse s’est avérée modeste. Le GLP-1 est en outre apparu comme une variable indépendante capable de prédire la mortalité en cas d’IRCT ou d’ECC.

Les processus inflammatoires chroniques et aigus, tels le sepsis ou encore l’IRCT, sont à même d’augmenter les taux circulants de GLP-1, probablement sous l’effet de deux mécanismes : d’une part, augmentation de sa sécrétion et d’autre part, diminution de sa clairance. Il semble par ailleurs que les taux de GLP-1 aient une signification pronostique indépendamment des autres variables biologiques couramment utilisées dans les situations cliniques évoquées ici.

Dr Philippe Tellier

Référence
Lebherz C et coll. : GLP-1 Levels Predict Mortality in Patients with Critical Illness as Well as End-Stage Renal Disease. Am J Med., 2017; 130: 833-841.

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