Certains traits de personnalité seraient plus favorables au développement de la maladie d’Alzheimer …

En l’absence de certitude sur l’étiologie de la maladie d’Alzheimer (MA), on a parfois suggéré que des sujets avec « certains traits de personnalité » seraient davantage prédisposés à cette pathologie neurodégénérative.

Pour déterminer si les patients atteints de MA présentent effectivement des traits de personnalité distinctifs, une équipe de l’Université de la Campanie (à Caserte, en Italie) a réalisé une méta-analyse portant sur 10 études de la littérature médicale. Cette recherche tend à confirmer la préexistence de « niveaux significativement plus élevés de neuroticisme »[1] chez les patients avec MA que chez les sujets-témoins, mais au contraire de « niveaux plus faibles d’ouverture aux autres (openness), d’affabilité (agreeableness), de conscience professionnelle (conscientiousness) et d’extraversion. »

Quand cette appréciation des traits de personnalité repose cette fois sur des auto-évaluations, les résultats précédents (obtenus auprès de tiers) sont confirmés pour le neuroticisme, l’ouverture d’esprit et l’extraversion, mais pas pour l’affabilité ni pour la conscience professionnelle, deux domaines où les patients avec MA obtiennent des scores similaires à ceux des sujets-contrôles.

Tenir compte du profil de la personnalité dans les bilans

Les résultats de cette méta-analyse révèlent donc que des niveaux élevés de neuroticisme – parallèlement à des niveaux modestes d’ouverture d’esprit et d’extraversion – constituent des « traits de personnalité distinctifs, significativement associés à un diagnostic de MA. » Assimilable ainsi à un « trait de personnalité prémorbide » susceptible de présager le développement ultérieur d’une MA », ce profil semble confirmer l’idée que des traits de personnalité prémorbides, spécifiques, pourraient parfois représenter des signes prodromiques (harbingers) d’une MA.

Les auteurs envisagent l’application clinique de ces travaux : l’évaluation systématique du profil de la personnalité pourrait être intégrée aux bilans d’évaluation et aux modèles pronostiques contribuant à « identifier les sujets avec un risque accru de démence. »

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Neuroticisme

Dr Alain Cohen

Référence
D’Iorio A et coll.: Meta-Analysis of personality traits in Alzheimer’s Disease: A comparison with healthy subjects. Journal of Alzheimer’s Disease, 2018; 62: 773–787.

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Vos réactions (2)

  • Y aurait-il donc des marqueurs génétiques ?

    Le 10 décembre 2018

    La personnalité "Humanimale" étant bien sûr sous-tendue par des déterminismes génétiques, il convient de suivre de près autant les facteurs hérités que les aspects environnementaux, ainsi que l'influence de ces derniers sur ces premiers (épigénétique).
    On pourrait de la même façon penser que le recours chronique aux BZD serait donc un simple marqueur de "seuil de déclenchement" plus précoce de l'anxiété, en grande partie hérité.

    Dr Frédéric Lascoutounax

  • L'oeuf, la poule...

    Le 12 décembre 2018

    On pourrait aussi penser, rien d'illicite à retourner la réflexion, que ces traits de caractères pourraient être considérés comme les premiers symptômes à dépister...

    C. Durand

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