L’ophtalmologie sous la loupe… des patients

Spécialiste des pathologies du segment antérieur de l’œil, le Dr Bruno Cisneros est président de la CME de la clinique Sourdille, établissement Elsan, à Nantes, qui est entièrement dédié à l’ophtalmologie. Il nous détaille les caractéristiques de ce pôle d’excellence, ainsi que les projets et les partenariats qui y sont développés.

JIM.fr : Pourquoi qualifie-t-on la clinique Sourdille de pôle d’excellence en ophtalmologie ?

Dr Bruno Cisneros : Parce que, aujourd’hui, dans la clinique Sourdille, qui a vu le jour en 1928, les différents médecins sont tous surspécialisés, par exemple, en pédiatrie, en pathologie rétinienne médicale, ou encore en pathologie rétinienne chirurgicale. Et on peut encore citer un département pour le glaucome, un autre qui est consacré aux explorations, etc. L’ophtalmologie est en effet une spécialité très vaste, qui couvre de nombreux domaines. D’où l’intérêt de pouvoir prendre en charge tous ses aspects au sein d’une même structure. De fait, nous pouvons nous occuper de toutes les atteintes ophtalmologiques, chez l’adulte comme chez l’enfant, du diagnostic jusqu’au traitement médical ou chirurgical.

Pour ma part, je suis spécialisé dans le segment antérieur de l’œil : d’un point de vue chirurgical, il s’agit essentiellement de la cataracte de l’adulte et, surtout, de l’enfant (surspécialisation), mais ptérygion, glaucome, pathologie conjonctivale, troubles de la vue et pathologie irienne font également partie de mon domaine d’expertise.

JIM.fr : Combien d’ophtalmologues y travaillent ?

Dr Bruno Cisneros : Nous sommes environ une trentaine, sachant que certains font leurs examens, leurs consultations et leurs opérations à la clinique alors que d’autres peuvent ne faire qu’une partie de ses tâches, par exemple seulement les examens ou seulement les interventions. Nous travaillons également avec des orthoptistes depuis longtemps et nous commençons maintenant à exploiter la possibilité de délégation de tâche avec eux. Il y a cependant toujours une vérification ultérieure de l’acte par un médecin.

JIM.fr : Est-ce que votre mode de fonctionnement a un impact sur les délais de prise en charge ?

Dr Bruno Cisneros :
Oui, le problème des délais est beaucoup moins aigu ici que dans d’autres régions. En moyenne, hors urgence, les patients peuvent avoir un rendez-vous en 15 jours. Ce n’est pas tant parce que nous déléguons certaines tâches, que parce que nous nous sommes organisés pour ça, et le fait que nous soyons beaucoup d’ophtalmologues y contribue bien sûr. Quant aux urgences, nous les acceptons toutes sans difficulté. C’est de toute façon une obligation déontologique. Il arrive aussi que chez un patients venu, parfois de fort loin, pour une pathologie autodiagnostiquée, on découvre sur place une tout autre affection. Il est alors adressé immédiatement au surspécialiste compétent dans cette « nouvelle » pathologie.

JIM.fr : Avez-vous des liens avec le centre hospitalier universitaire ?

Dr Bruno Cisneros : Bien sûr, nous avons des relations avec le CHU de Nantes, qui sont même très amicales ! Nous avons actuellement un projet en commun et nous souhaiterions également développer d’autres passerelles. De même, nous serions prêts à recevoir des internes, puisqu’il sera probablement obligatoire qu’ils fassent un passage en cabinet privé au cours de leur cursus.

JIM.fr : En 2019, devrait naître l’Institut ophtalmologique Sourdille-Atlantique, de quoi s’agit-il ?


Dr Bruno Cisneros : Elsan s’est en effet orienté vers la création d’un site comprenant plusieurs disciplines au sein duquel les équipes d’ophtalmologie nantaises d’Elsan (provenant de la clinique Sourdille, de la polyclinique de l’Atlantique et de la clinique saint-Augustin) vont être réunies au sein de l’Institut ophtalmologique Sourdille-Atlantique. Le concept initial de la clinique Sourdille est préservé puisqu’il y aura sur le site un immeuble avec un bloc entièrement dédiés à l’ophtalmologie. Il s’agira du plus grand centre privé consacré à l’ophtalmologie, en France et peut-être même en Europe.

En partenariat avec les équipes de Chénieux ophtalmologie à la Polyclinique de Limoges, nous avons débuté une initiative pionnière en France afin de mesurer les résultats des soins selon des indicateurs qui importent aux patients. Concrètement, lorsqu’un patient est opéré de la cataracte, nous mesurons sa fonction visuelle avant et après la chirurgie afin d’apprécier le service médical rendu. Ce score mesure la qualité visuelle au quotidien, par exemple, la capacité à lire le journal, à détecter le relief au sol, à reconnaître les visages, etc. On utilise la méthodologie ICHOM (International Consortium of Health Outcomes Measurement) qui ajuste les scores selon des profils de patients statistiquement comparables. C’est un véritable changement de paradigme, tout le contraire d’une enquête de satisfaction : l’objectif est de mesurer la pertinence des soins, et leur impact chez les patients, ce qui permet à nos équipes de se comparer pour mieux progresser

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