Quand la toux dure

La toux est un des motifs les plus fréquents de consultation chez le généraliste. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une toux aiguë causée par une infection bénigne des voies respiratoires supérieures et de résolution spontanée. Cependant, une fraction substantielle des patients souffre de toux chronique, définie comme une toux durable (plus de 8 semaines). La prévalence de la toux chronique dans la population générales’évalue à

12 %.

Des auteurs danois ont identifié et classé les facteurs de risque de toux chronique  en utilisant une étude de population à Copenhague (14 669 participants).

La gravité de la toux chronique a été évaluée à l'aide du questionnaire de Leicester

(Leicester Cough Questionnaire ou LCQ). Le LCQ est un auto-questionnaire de 19 items cotés de 1 à 7 en gravité décroissante répartis en 3 domaines : retentissement physique, psychologique et social. Le score varie de 3 à 21 et un score élevé indique un bon état général.

En cause : bronchectasie, asthme, RGO, obstruction bronchique…

Les facteurs de risque de toux chronique sont classés au niveau individuel en fonction de l’odd ratio ajusté selon l’âge (ORa) et au niveau du groupe, par le calcul du risque attribuable à la population (RAp).

La prévalence de la toux chronique dans la population générale est de 4 % dans l'ensemble, de 3 % chez les sujets n’ayant jamais fumé, de 4 % chez les anciens fumeurs et de 8 % chez les fumeurs actifs.

Le score médian au LCQ est de 5,8 pour le domaine physique, de 5,6 pour le domaine psychologique, de 6,3 pour domaine social, et de 17,3 au total.

Au niveau individuel, les trois premiers facteurs de risque de toux chronique des non-fumeurs sont les bronchectasies (ORa de 5,0 [intervalle de confiance à 95 % -IC 95 %-, de 1,4 à 18]), l’asthme (ORa de 2,6 [IC 95 % de 1,7 à 3,9]) et le reflux gastro-œsophagien (ORa de 2,3 [IC à 95 % de 1,5 à 3,4]). Dans le groupe des anciens fumeurs, on retrouve dans le top 3 les bronchectasies (ORa de7,1 [IC à 95 %, 2,6-20]), l’asthme (ORa de 3,1 [IC à 95 % de 2,2 à 4,4]) et l'exposition professionnelle aux poussières / fumées (ORa de 2,2 [IC à 95 % de 1,5 à 3,2]). Chez les fumeurs actifs, c’est la limitation du débit aérien qui est le premier des facteurs de risque de toux avec un ORa de1,9 (IC à 95 % de 1,3 à 2,9).

Des facteurs de risque différents chez les fumeurs et les non-fumeurs

Au niveau de la communauté, les trois facteurs principaux chez les non-fumeurs sont le sexe féminin (risque attribuable de19 %), l'asthme (10 %) et le reflux gastro-oesophagien (8 %). Chez les anciens fumeurs, on découvre comme facteurs de risque l’obésité abdominale (20 %), le faible niveau de revenu (20 %) puis vient l’asthme (13 %). Les 2 premiers facteurs semblent interdépendants et liés par un statut socioéconomique modeste. L'obésité abdominale peut être associée à la toux chronique en augmentant localement ou systémiquement l’inflammation, en induisant une obstruction mécanique ou un reflux gastro-œsophagien secondaire.

Enfin, l’obstruction bronchique (risque attribuable de 23 %) reste le principal facteur de toux chronique chez les fumeurs actuels.

Les facteurs de risque de toux chronique diffèrent donc au niveau de l'individu et de la communauté selon le statut tabagique. Nos stratégies pour prévenir et traiter la toux chronique doivent s’adapter en conséquence.

Dr Béatice Jourdain

Référence
Çolak Y et coll. : Risk Factors for Chronic Cough Among 14,669 Individuals From the General Population. CHEST 2017; 152: 563-573

Copyright © http://www.jim.fr

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Vos réactions (4)

  • Toux chronique

    Le 29 septembre 2017

    Quid de la coqueluche et la tuberculose ?

  • Chant du coq

    Le 30 septembre 2017

    Tout à fait d'accord : l'épidémie de coqueluche adulte est une réalité, c'est une vraie toux chronique sous-disgnostiquée, quant à la tuberculose elle n'a pas disparu du tout.

    Dr Blandine Courtot

  • Autres causes

    Le 02 octobre 2017

    Encore une fois aucune mention pour les polyvaccins administrés aux NN et responsables de complications respiratoires chroniques dont cette toux à longueur d'années chez les jeunes enfants...
    En cause aussi les nanoparticules notamment de carbone (=nanotubes) venant de la pollution automobile décelées dans les poumons d'enfants asthmatiques. Une étude publiée en janvier dernier dans l'International Journal of Vaccines and Vaccination montre la présence de multiples micro et nano particules métalliques toxiques dans tous les vaccins humains.

    Serge Rader

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