La prévalence des comorbidités reste élevée en cas de SAOS

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est rarement seul en scène sur le plan clinique. Il s’entoure habituellement de comorbidités qui aggravent ses conséquences fonctionnelles et son pronostic. Ainsi l’illustre à nouveau une étude de cohorte rétrospective menée au sein du centre hospitalo-universitaire d’Alexandrie dans le département spécialisé dans la prise en charge des troubles respiratoires du sommeil.

Au total, ont été inclus 244 patients vus entre octobre 2010 et janvier 2015, tous atteints d’un SAOS et âgés en moyenne de 57 ans, dont 47 % d’hommes. La valeur moyenne de l’index d’apnées et d’hypopnées (IAH) est estimée à 43,6 évènements/heure, tous les participants ayant bénéficié d’un enregistrement polysomnographique du sommeil. Deux groupes ont été constitués selon la sévérité du syndrome en question : (1) léger ou modéré (38 %) ; (2) sévère, très sévère ou extrême (62 %).

Plus de 9 patients sur 10

Des comorbidités ont été rencontrées chez plus de 9 patients sur dix, précisément 91 %, les plus fréquentes étant comme il se doit l’obésité, l’hypertension artérielle ou encore le diabète. La prévalence de ces dernières s’est avérée particulièrement élevée dans le groupe 2, tout comme celle de l’insuffisance cardiaque congestive, des thromboses veineuses profondes, des embolies pulmonaires (EP) et de l’hypothyroïdie. Les EP, l’asthme et la BPCO étaient significativement plus représentées parmi les hommes, tandis que l’hypothyroïdie était plus fréquente chez les femmes. 

En l’espace de 4 années, la mortalité a été de l’ordre de 8 % et, dans leur majorité, les décès sont survenus la nuit.  Dans la plupart des cas (60 %), la CPAP (continuous positive airway pressure) n’était pas au programme des traitements efficaces, soit qu’elle n’ait pas été prescrite, soit que l’observance n’ait pas été atteinte. Les patients qui étaient sous CPAP, dans leur majorité (50 %), devaient ce traitement à la générosité d’un donateur. Le seul paramètre associé à l’observance de la CPAP a été l’existence d’un syndrome d’hypoventilation. La qualité de vie s’est avérée meilleure chez ceux qui avaient la chance de bénéficier de cette option thérapeutique.

En Egypte comme ailleurs, la prévalence des comorbidités associées au SAOS apparaît très élevée, ce qui accroît les dépenses de santé consacrées à ce syndrome. A la différence d’autres pays plus favorisés, le recours à la CPAP reste limité et le plus souvent tributaire d’une démarche caritative.

Dr Philippe Tellier

Référence
Sweed RA et coll. : Comorbidities associated with obstructive sleep apnea: a retrospective Egyptian study on 244 patients. Sleep Breath, 2019 ; publication avancée en ligne le 26 janvier. doi: 10.1007/s11325-019-01783-w.

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