Mycoplasma pneumoniae, une cause possible de détresse respiratoire chez les jeunes enfants

Mycoplasma pneumoniae (MP) est impliqué dans les infections respiratoires de l’enfant, responsable d’épidémies tous les 3 à 7 ans, décrit habituellement comme la cause d’infections respiratoires hautes bénignes de l’enfant d’âge préscolaire et de pneumonies plus sévères à l’âge scolaire. Cette conception résulte de descriptions anciennes et de biais de recrutement. La recherche extensive de MP par PCR couplée à celle des IgM spécifiques permet une plus juste évaluation des formes cliniques et des localisations de la maladie selon l’âge.

Des auteurs norvégiens, au cours d’une épidémie en 2011-2012, ont évalué rétrospectivement les manifestations cliniques des patients adressés aux urgences, hospitalisés on non, et de ceux traités en médecine générale. Le diagnostic a reposé sur la mise en évidence du germe par PCR sur le prélèvement naso-pharyngé et/ou l’élévation des IgM, celui de pneumonie sur un infiltrat lobaire ou interstitiel et celui de forme sévère sur la constatation d’une oxygénothérapie, d’une ventilation mécanique ou d’une localisation neurologique.

Un risque plus élevé de pneumonie sévère

Les enfants ont été classés en préscolaires (< 5 ans) et scolaires (6-17 ans) et leur nombre rapporté à la population de même âge de l’aire géographique. En tout, 37 enfants préscolaires et 55 scolaires adressés à l’hôpital étaient positifs pour MP : 22 (60 %) des premiers et 23 (42 %) des seconds avaient une maladie sévère (incidence 56 vs 29/100 000, risque relatif [RR] 1,9 intervalle de confiance à 95 % [IC] 1,06-3,4, P = 0,03] ; 20 (54 %) préscolaires et 19 (35 %) souffraient d’une pneumonie grave (incidence 51 vs 24/105, RR 2,1, IC 1,1-3,9, P = 0,03). Des manifestations extra-pulmonaires ont été constatées chez 2/37 (5 %) des préscolaires et 17/55 (31 %) des scolaires (RR 0,22, IC 0,06-0,84 P = 0,004) ; des atteintes neurologiques ont été diagnostiquées chez 1 préscolaire et 6 scolaires (méningite 3 cas, Guillain-Barré 1, encéphalite 1, encéphalo-myélite démyélinisante 1, paralysie faciale 1) et d’autres complications (Steven-Johnson 2, urticaire 3, purpura thrombopénique 1, hépatite 3).

Ainsi, durant une épidémie dans la région d’Oslo en 2011-2012, les enfants d’âge préscolaire infectés par Mycoplasma pneumoniae, comparés aux enfants d’âge scolaire, avaient un risque significativement supérieur de maladie sévère, en particulier de pneumonie grave. De fait, ce germe doit être considéré comme pathogène potentiel chez le jeune enfant avec une détresse respiratoire. La possibilité de localisations extra-pulmonaires doit être retenue.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Inchley CS et coll. : Mycoplasma pneumoniae: a cross-sectional population-based comparison of disease severity in preschool and school-age children. Pediatr Infect Dis J., 2017; 36: 930-936.

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