Réduire le nombre de cigarettes, c’est déjà bien !

L’arrêt du tabagisme n’est pas toujours total et nombre de fumeurs se contente de réduire leur consommation quotidienne de cigarettes. Ce succès relatif expose le fumeur à des rechutes et à la reprise de l’intoxication tabagique à son niveau antérieur. Par ailleurs, le bénéfice, si il est probable, est mal documenté en termes quantitatifs.

Une vaste étude de cohorte a utilisé les données recueillies entre 2004 et 2011 chez 253 947 sujets participant à la National Institutes of Health–AARP Diet and Health Study. Celle-ci comportait un questionnaire relevant de manière systématique la consommation de cigarettes et plusieurs comportements ont été individualisés en fonction des tendances observées entre les âges de 25–29 et 50–59 ans : non-fumeurs, arrêt total ou partiel du tabagisme ou encore augmentation de ce dernier.

Les risques induits par ces derniers ont été estimés au moyen des hazard ratios (HRs) et de leurs intervalles de confiance à 95 % (IC) calculés au travers d’une analyse multivariée par régression selon le modèle de Cox.

Mais mieux vaut arrêter tout à fait !

Par rapport aux non-fumeurs, chez les participants qui ont maintenu leur tabagisme chronique à un niveau constant, la mortalité globale s’est avérée près de trois fois plus élevée, le  HR étant estimé à 2,93 (intervalle de confiance à 95 %, IC : 2,82-3,05). Ceux qui ont augmenté leur consommation de cigarettes ont vu leur pronostic vital plus menacé encore, le HR étant alors de 3,37 (IC : 3,23-3,52). En revanche, la mortalité globale s’est avérée un peu plus faible quand le nombre de cigarettes a été réduit, le HR étant alors de 2,38 (IC : 2,25-2,52), alors qu’elle a chuté drastiquement quand le tabagisme a été totalement interrompu entre l’âge de 30 et 39 ans (HR = 1,32, IC : 1,25-1,39). Des résultats similaires ont été obtenus pour la mortalité spécifiquement liée au tabagisme, notamment celle en rapport avec le cancer bronchique ou les maladies respiratoires chroniques au premier rang desquelles la BPCO.

Réduire sa consommation de cigarettes suffit pour atténuer significativement le risque létal, mais l’impact est bien plus faible qu’avec l’arrêt total du tabagisme chronique, notamment quand celui-ci intervient à un âge pas trop avancé…

Dr Philippe Tellier

Référence
Maki Inoue-Choi P et coll. : Association Between Reductions of Number of Cigarettes Smoked per Day and Mortality Among Older Adults in the United States. Am J Epidemiol., 2019 ; 188(2) :363–371.

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Vos réactions (1)

  • Réduire sa consommation ne sert quasiment à rien

    Le 25 mars 2019

    Réduire sa consommation de cigarettes ne sert quasiment à rien, une différence statistique ne veut pas dire une différence pertinente cliniquement.

    Dr Alain Braillon

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