Un point sur la grippe

En pleine épidémie de grippe, les auteurs de cette mise au point rappellent que le réseau sentinelle a estimé que durant les 10 dernières années entre 825 000 et 3,5 millions de personnes ont consulté pour un syndrome grippal soit une incidence de 1 284 à 5 531 pour 100 000 habitants ; 5 à 50 % étaient des jeunes de moins de 15 ans.

Pendant la période de 2017-2018, 75 500 passages aux urgences ont été enregistrés et 2 922 patients ont été admis en réanimation et on a déploré 13 000 décès. Au niveau mondial, ces épidémies annuelles seraient responsables de 3 à 5 millions de cas de maladies graves avec 290 000 à 650 000 décès chaque année.

Depuis 1510, 14 pandémies de grippe se sont succédé dont la grippe espagnole de 1918 avec 50 millions de décès dont 95 % étaient liés à des pneumopathies bactériennes essentiellement à pneumocoque.

Les virus de la grippe sont des virus à ARN enveloppés, de la famille des orthomyxoviridae dont il existe 4 types : A, B, C et D.

Le virus A est à l’origine des pandémies et responsable d’une forte mortalité.  Mais il est aussi à l’origine des épidémies saisonnières (sérotypes H1N1 et H3N2) tout comme les virus B. Le virus C est responsable d’infections respiratoires hautes peu symptomatiques chez les enfants et le virus D touche essentiellement les bovins.

La transmission se fait par aérosol de gouttelettes et par contact avec des objets ou des personnes contaminés. Les capacités de viabilité et d’infectivité du virus sont favorisées par de faibles niveaux de température, d’humidité et de radiations UV, conditions réunies en hiver.

L’infection altère les différentes barrières immunitaires expliquant la colonisation secondaire de la sphère oropharyngée. Les dommages épithéliaux facilitent l’adhésion et l’invasion des bactéries. Parallèlement, la production d’interféron de type 1 altère les fonctions phagocytaires des macrophages alvéolaires et des neutrophiles limitant la clairance bactérienne.

La grippe peut se compliquer de pneumopathies bactériennes secondaires notamment à S pneumoniae devant Staphylococcus aureus et Haemophilus influenzae et les autres streptocoques hémolytiques, mais aussi de pneumopathies virales (grippe maligne) ou encore de co-infections comme Chlamydia pneumoniae, Mycoplasma pneumoniae, Legionella pneumophila. Les complications peuvent être cardiaques ou neurologiques (ADEM, syndrome de Guillain-Barré).

Diagnostic biologique

Le diagnostic d’un syndrome grippal est clinique mais il est impossible de déterminer s’il s’agit d’une grippe ou d’un autre virus.

Le diagnostic biologique nécessite un écouvillon nasopharyngé (ou un lavage nasal) sur des frottis spécifiques à réaliser dans les 3 premiers jours de la maladie.

La technique par PCR est rapide (quelques heures) très sensible et très spécifique. Elle permet de distinguer les virus A des virus B. Il est possible également de rechercher d’autre virus simultanément avec cette technique.

Les tests antigéniques sont rapides et peu coûteux mais moins sensibles (50-70 %) et ne permet pas la distinction des virus A et B. Les TROD ont quant à eu une très mauvaise valeur prédictive négative et rappelons l’inutilité des sérologies.  

Le traitement s‘appuie sur les inhibiteurs de la neuraminidase tel que l’oseltamivir (Tamiflu®) ou zanamivir. Les dérivés de l’adamantane ne sont pas recommandés car inactifs sur les virus B.

Dr Sylvie Coito

Référence
Blot M, Chavanet P, Piroth L. Influenza infection : An update for clinicians. Rev Med Interne. 2019; 40 : 158-165. doi: 10.1016/j.revmed.2018.12.010.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article