Des relations complexes entre troubles psychiatriques et cardiovasculaires chez les Latinos

Aux États-Unis, les maladies cardiovasculaires sont notoirement répandues. Les affections psychiatriques favorisent leur développement, et compliquent leur évolution ou leur pronostic.

Réalisée à New York chez des Latinos[1] (population hispanique où les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de mortalité, proche de 30 %), une étude examine les liens entre pathologies cardiovasculaires et troubles psychiatriques. Au total 6 359 Latinos ont été divisés en quatre groupes : Mexicains (3 472), Porto-Ricains (755), Cubains (335), et Autres (originaires d’Amérique Centrale ou du Sud, ou de République Dominicaine : 1 797). Hétérogène (pour l’âge, l’éducation, la couverture santé, les revenus...), cette population latino-américaine accuse aussi une morbidité cardiovasculaire variable selon les groupes. Les taux d’affections cardiovasculaires sont les plus élevés parmi les Porto-Ricains (12 %) et les Cubains (11 %), suivis des Autres Latinos (7 %) et des Mexicains (5 %). Quand à la relation entre troubles psychiatriques et maladies cardiovasculaires, elle diffère selon les groupes de Latinos. On constate une “ augmentation significative des probabilités de maladies cardiovasculaires ” chez des Mexicains avec antécédents de troubles de l’humeur et d’anxiété l’année précédente, chez des Portoricains ayant souffert de troubles psychiatriques durant l’année écoulée, chez des Cubains avec antécédents de troubles de l’humeur ou de toxicomanie et chez d’autres Latinos avec antécédents d’anxiété ou de troubles psychotiques.

Des besoins spécifiques

Cette étude révèle que “ les associations entre maladies cardiovasculaires et troubles psychiatriques ne sont pas uniformes chez les Latinos. ” Les auteurs estiment que les efforts pour répondre aux besoins en matière de santé (somatique ou mentale) doivent donc “ tenir compte de cette hétérogénéité. ” Pour endiguer ces comorbidités et réduire les disparités observées, une meilleure intégration des soins est nécessaire, comprenant l’articulation entre santé mentale et somatique, et l’essor des services de médecine préventive en secteur psychiatrique. Des initiatives y contribuent : management des soins, pairs aidants, campagnes de prévention, éducation thérapeutique... Mais leur application reste limitée chez les Latinos, à l’exception de programmes contre la dépression. Surtout, les interventions proposées gagneraient à considérer les spécificités culturelles des Latinos, population tendant à moins solliciter le système de santé mentale et à recevoir des soins globaux de moindre qualité.

[1] https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=4&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwj4v4GP7ejRAhWMPxoKHSQlCl0QFggqMAM&url=https%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FHispaniques_et_Latino-Am%25C3%25A9ricains_(%25C3%2589tats-Unis)&usg=AFQjCNGsHA5ukwxtzZfpBKLSiQsnfOfI6A&sig2=7tvccB5EmYkWcPVz1pSNkQ

Dr Alain Cohen

Référence
Cabassa LJ et coll.: Cardiovascular disease and psychiatric disorders among Latinos in the United States. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol, 2017; 52: 837-846. DOI:10.1007/s00127-016-1325-1

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