Le risque de dépression à la portée d’une poignée de main

Exploitant des données de l’étude épidémiologique européenne SHARE[1] (Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe, Enquête sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe), consacrée aux « effets des politiques sanitaires, sociales, économiques et environnementales sur la vie des citoyens européens » et coordonnée par une équipe exerçant en Espagne, une recherche est consacrée à un sujet peu commun : l’association entre la force de préhension et le risque de dépression.

Alors que des travaux antérieurs s’étaient concentrés sur l’association entre la poignée de main et le risque de dépression sur des populations limitées, les auteurs ont étendu l’étude à des cohortes plus larges pour préciser cette association entre force musculaire et risque de dépression à l’aide de mesures répétées chez des adultes âgés de 50 ans et plus, soit 115 601 participants (âgés en moyenne de 64,3 ans dont 54,3 % de femmes) avec un suivi médian de 7,3 ans (correspondant à 792 459 personnes-années).

La force de la poignée de main a été mesurée au moyen d’un dynamomètre manuel, et les résultats analysés en prenant en compte diverses covariables (modèle à risque proportionnel de Cox). Pendant le déroulement de cette enquête, 30 208 participants (soit 26,13 %) ont été à risque de dépression. Chaque augmentation d’un kilogramme de la force de la poignée de main mesurée au dynamomètre (prise comme une variable continue), est inversement associée au risque de dépression jusqu’à un seuil de 40 kg chez les hommes et 27 kg chez les femmes.

En conclusion, les auteurs estiment qu’une meilleure forme physique (reflétée par une plus grande force musculaire, objectivée par les mesures du dynamomètre) peut constituer un facteur préventif de dépression chez les personnes âgées, mais que cette prévention est limitée à un seuil maximal spécifique (et différent) pour les hommes et pour les femmes. 

[1] https://share-eric.eu/

Dr Alain Cohen

Références
López-Bueno R et coll.: Dose–response association of handgrip strength and risk of depression: a longitudinal study of 115 601 older adults from 24 countries. Br J Psychiatry, 2023-03: 135–142.
doi: 10.1192/bjp.2022.178.

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