Des recommandations spécifiques pour la vaccination des enfants greffés du rein

La vaccination des enfants candidats à une greffe d’organe solide ou en ayant bénéficié est un sujet complexe mais essentiel. Si la couverture vaccinale des adolescents dans les pays occidentaux est globalement correcte, les bénéfices de l’immunité de groupe ne sont assurés qu’au-delà d’un certain seuil. En cas de réduction de la couverture vaccinale, la situation devient menaçante pour les personnes immuno-déficientes.

Ceci est particulièrement préoccupant par exemple pour les enfants greffés, dont l’immunité peut être altérée et chez lesquels certains vaccins sont contre-indiqués. Pour ces patients, les vaccinations de routine sont généralement pratiquées par le médecin traitant. Celles qui sortent du schéma vaccinal classique sont en revanche le plus souvent de la responsabilité de l’équipe hospitalière. C’est la raison pour laquelle tous les intervenants doivent garder en permanence à l’esprit les dernières recommandations sur le sujet et l’importance de la communication entre tous les soignants.

Une mise au point sur les vaccinations chez l’enfant transplanté du rein a été récemment publiée. Les auteurs notent que la couverture vaccinale avant la greffe est souvent insuffisante et rappellent que les enfants en attente de greffe peuvent bénéficier d’un schéma accéléré de vaccination. S’ils ont souvent une réponse immunitaire inférieure à celle de la population générale, elle est toutefois meilleure avant l’intervention qu’après celle-ci, sans compter que les vaccins vivants sont alors contre-indiqués. Notons que, pour le vaccin contre la rougeole-oreillons-rubéole et celui contre la varicelle, un délai de 4 semaines est recommandé entre la vaccination et la greffe. Des recommandations spécifiques sont publiées concernant les précautions à prendre pour la vaccination des enfants sous traitements immunodépresseurs.

Une nécessaire collaboration entre les médecins généralistes et les équipes spécialisées

Une fois la greffe réalisée, les schémas vaccinaux classiques peuvent être appliqués pour les vaccins non vivants. Des schémas particuliers ont toutefois été éditées pour certaines vaccinations, comme la grippe, l’hépatite B, le vaccin contre le pneumocoque et le vaccin quadrivalent contre la méningite ACYW. Les vaccins vivants sont en revanche contre-indiqués, avec une réserve pour le vaccin contre la varicelle qui peut se discuter dans certains cas très particuliers d’enfants à risque. Une mention spéciale doit être réservée au vaccin contre le HPV, sachant que le risque de cancer du col de l’utérus est 14 fois supérieur chez les personnes ayant bénéficié d’une greffe de rein que dans la population générale. Ainsi, 3 doses de vaccin nonavalent sont recommandées.

Ces enfants sont aussi amenés à réaliser des voyages internationaux. Une consultation dédiée à la préparation de ces voyages est recommandée, avec de préférence la demande d’un avis spécialisé concernant les vaccinations,au moins 3 mois avant le départ.

Les auteurs de cette mise au point insistent sur la collaboration nécessaire entre les médecins généralistes et les équipes spécialisées. Tous doivent veiller à la bonne application des recommandations vaccinales spécifiques pour cette population particulièrement sensible.

Dr Roseline Péluchon

Références
Fox TG et coll. : Vaccinations in pediatric kidney transplant recipients. Pediatric Nephrology, 2018; publication avancée en ligne le 18 avril. doi: 10.1007/s00467-018-3953-z.

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