AINS et infarctus : 7 jours suffisent

De précédents travaux ont montré que les AINS pouvaient être à l’origine d’une augmentation du risque d’infarctus du myocarde. Les AINS classiques sont impliqués, mais aussi les inhibiteurs sélectifs de la COX-2. Cependant, plusieurs inconnues demeurent, parmi lesquelles le délai d’apparition du risque, l’importance de la dose, la durée du traitement et les risques comparés des différents AINS. Une équipe internationale publie les résultats d’une méta-analyse qui lève le voile sur ces points.

Tous les AINS classiques impliqués

L’analyse est menée sur les données d’une cohorte de près de 450 mille personnes, parmi lesquelles plus de 61 mille ont présenté un infarctus du myocarde. Elle confirme l’association, qui existe aussi « dans la vraie vie »,  entre la prise d’AINS et l’augmentation du risque d’infarctus. Cet effet est présent dès la première semaine de traitement et persiste ensuite pendant tout le traitement, que sa durée soit 1 semaine, 1 mois ou plus. L’augmentation du risque s’observe avec tous les AINS traditionnels, y compris le naproxène (Odds Ratio [OR] 1,53 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] 1,07 à 2,33), l’ibuprofène (OR 1,18 ; IC 1,00 à 2,26), mais aussi le diclofénac (OR 1,50 ; IC 1,06 à 2;04). Néanmoins, dans cette étude, le risque associé à la prise de célécoxib (OR 1,24 ;IC  0,91 à 1,82), n’atteint pas une valeur statistiquement significative et apparaît inférieur à celui de l’exposition au rofécoxib (OR 1,58 ; IC 1,07 à 2,17).

Stabilisation du risque au delà de 30 jours de traitement

Remarquons que le risque d’infarctus du myocarde survient donc rapidement, dès la première semaine de traitement. Si tous les AINS sont concernés par cette augmentationdès la première semaine, une deuxième « vague » de risque survient entre 8 et 30 jours, avec des posologies élevées d’ibuprofène (>1 200 mg/jour), de naproxène (>750 mg/jour) ou de rofécoxib (> 25 mg/ jour). Le risque reste ensuite stable, au-delà de 30 jours.

Les auteurs concluent en incitant les praticiens à bien évaluer les bénéfices et les risques des traitements par AINS. Cette augmentation du risque d’infarctus du myocarde, présente même pour des traitements courts, doit bien entendu inciter à la plus grande prudence.

Dr Roseline Péluchon

Références
Bally M et coll. : Risk of acute myocardial infarction with NSAIDs in real world use: bayesian meta-analysis of individual patient data.
BMJ 2017; 357: j1909

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