Alimentation et cerveau : des effets visibles ?

Plusieurs recherches ont montré qu’une alimentation « favorable » (riche en antioxydants et composés anti-inflammatoires) avait des effets protecteurs vis-à-vis de la dépression ou des troubles cognitifs. Quels sont alors les mécanismes potentiellement en cause ? Des marqueurs anatomiques ou fonctionnels sont susceptibles d’apporter ici un éclairage. L’hippocampe est impliqué dans la dépression et les troubles cognitifs ; par ailleurs, une association négative entre alimentation « western » (prise élevée de saucisses, hamburgers, viande rouge, chips et boissons sucrées) et le volume de l’hippocampe gauche a déjà été mise en évidence dans une étude australienne.

L’étude prospective présentée ici a pour objectif d’examiner les liens entre une alimentation favorable, selon le score Alternative Healthy Eating Index 2010 (AHEI-2010), et le volume de l’hippocampe. Les 459 participants recrutés au Royaume-Uni, bien portants, étaient âgés en moyenne de 60 ans et ont été suivis sur 13 ans. Le relevé alimentaire a été réalisé à plusieurs reprises avant et en début de suivi. Le régime AHEI 2010 valorise 6 composants, fruits, légumes, céréales complètes, noix et légumineuses, oméga3 à longue chaine et graisses polyinsaturées ; 4 composés doivent être évités ou réduits : boissons sucrées et jus de fruits, viande rouge et charcuterie, acides gras trans et sodium. Pour l’alcool, une consommation nulle ou faible (jusqu’à 1,5 verre/j chez les hommes et un chez les femmes), est considérée comme optimale. Le score maximum pouvait atteindre 110 points. Le volume de l’hippocampe a été mesuré par IRM en fin d’étude.

Cela se voit sur le volume de l’hippocampe

Après ajustements multiples, sociodémographiques et sur divers marqueurs de santé, un meilleur score alimentaire est associé à un plus grand volume hippocampique, notamment de l’hippocampe gauche. Pour chaque incrémentation de 8,7 points du score AHEI-2010, le volume hippocampique total augmente de 92mm3 (erreur standard = 42 mm3). Parmi les composants du score de l’AHEI, l’alcool (prise de 0 à une unité/j chez les femmes et 0 à 1,5/j chez les hommes) est celui qui présente l’impact positif le plus fort. Viennent ensuite les fruits, les noix et les légumineuses, les oméga-3 à longue chaine et en négatif, la charcuterie. Les auteurs indiquent que selon d’autres travaux, les effets protecteurs des aliments pourraient passer par une meilleure préservation du tissu cérébral.

Pour conclure, bien que nécessitant confirmation, ces données plaident encore une fois pour l’importance d’une bonne alimentation, pour préserver au mieux la physiologie cérébrale.

Dr Viviane de La Guéronnière

Référence
Akbaraly T et coll. : Association of Long-Term Diet Quality with Hippocampal Volume: Longitudinal Cohort Study. Am J Med., 2018 ; 131: 1372–1381.e4

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