Arthrose périphérique : faut-il une imagerie ?

Les performances diagnostiques de plus en plus remarquables de l'imagerie moderne conduisent à une utilisation de plus en plus large de celle-ci. Le rhumatologue doit-il pour autant céder aux sirènes de la technologie et se laisser séduire par la perspective de belles images toujours plus précises…dans des indications où ces explorations ne s’imposent pas forcément? Comme dans l'arthrose périphérique par exemple?

Un groupe d'experts de l'EULAR (radiologues, rhumatologues, médecins généralistes, patients) s’est penchée sur le problème de la place à donner à l’imagerie dans l’exploration de l’arthrose périphérique (genoux, hanches, mains, pieds…) symptomatique et émis à ce sujet quelques recommandations.

Seulement si la clinique est atypique

Première constatation sans appel : aucune imagerie n'est nécessaire pour le diagnostic d’arthrose lorsque la présentation est typique.

Dans les tableaux atypiques, l'imagerie est recommandée pour aider au diagnostic positif d'arthrose et/ou aux diagnostics différentiels.

Des examens d'imagerie ne sont pas justifiés pour le suivi. Cependant, ils s’imposent en cas de progression rapide des symptômes ou de modification de l’aspect clinique afin de déterminer si cela est en rapport avec la sévérité de l'arthrose ou un diagnostic additionnel.

Si une imagerie est nécessaire, une radiographie conventionnelle devrait être réalisée avant toute autre imagerie. Pour effectuer un diagnostic additionnel, les tissus mous sont mieux visualisés sur une échographie ou une IRM et l'os par un scanner ou une IRM.

Les incidences radiographiques sont d'importance, en particulier pour le genou ou un cliché en charge et une incidence fémoropatellaire sont recommandées.

Inutile pour le suivi du traitement mais une aide pour les injections intra-articulaires

Les données de l'imagerie ne permettent pas de prédire la réponse au traitement médical. L'imagerie ne se justifie donc pas dans cet objectif.

La précision d'une injection intra-articulaire dépend de l'articulation et de l'habilité du praticien. L'imagerie peut améliorer cette précision. Elle est particulièrement recommandée pour les articulations difficiles d'accès compte tenu de leur site (hanche par exemple), des éventuelles déformations ou de l'obésité du malade.

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Référence
Garifallia Sakellariou et coll. : EULAR recommendations for the use of imaging in the clinical management of peripheral joint osteoarthritis. Ann Rheum Dis., 2017 ; publication avancée en ligne le 7 avril. doi: 10.1136/annrheumdis-2016-210815.

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Vos réactions (2)

  • Imagerie inutile?

    Le 19 avril 2017

    Tout jeune médecin, je fus consulté par une septuagénaire encore alerte à l'exception d'un genou devenu fort pénible, gros, grinçant et même invalidant. Antécédents banals hormis une mastectomie vingt ans plus tôt. Arthrose me semblait-il. Peu certain de l'indication d'une injection de corticoïde IA, je l'adressai à un rhumatologue. Aussitôt passage aux RX. Et découverte d'une énorme métastase! Unique.
    Vingt ans après aurait dit Dumas...
    Histoire de chasse, dirons certains. J'en ai encore d'autres. Hélas.
    Depuis lors, l'imagerie me paraît moins souvent superflue.

    Dr Charles Kariger

  • Inflation inutile

    Le 19 avril 2017

    Bien d'accord avec ce qui est dit et à stop à l'inflation inutile voir contre-productive, anxiogène et coûteuse des IRM du genou après 50 ans lorsque un bon examen et des radiographies simples suffisent largement le plus souvent à la prise en charge.

    Dr Christian Cusset

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