Baisse de la mortalité coronarienne : à quoi surtout l’attribuer ?

La mortalité liée à la maladie coronarienne a diminué considérablement au cours des 10 dernières années, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis ou en Australie. Cet effet est dû à d’importants efforts d’information et de prévention des risques cardiovasculaires et à l’utilisation de traitements adaptés, thrombolyse, traitements médicamenteux ou chirurgicaux. Mais quelle est la part de ces deux versants de la prise en charge dans la réduction de la mortalité ? C’est ce qu’a évalué une équipe écossaise, en analysant les données d’un modèle épidémiologique baptisé IMPACT SEC.

Selon les données recueillies, la mortalité par maladie coronarienne, entre 2000 et 2010, a été réduite en Ecosse de plus de 40 %, soit environ 5 770 décès évités. L’amélioration des traitements compte pour 43 % dans cette réduction. Ce sont les traitements contre l’hypercholestérolémie qui remportent la palme, responsables d’environ 13 % de la réduction de la mortalité, suivis par la prévention médicamenteuse secondaire après infarctus du myocarde (9 %) et par la prise en charge des coronaropathies chroniques stabilisées (7 %). Les prescriptions de statines, d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion et d’antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II ont plus que doublé entre 2000 et 2010 et, ensemble, contribuent pour environ 13 % à la réduction de la mortalité.

 

 

Quant à l’amélioration des facteurs de risque cardiovasculaire, elle est responsable d’une réduction de la mortalité d’environ 39 %. Cette baisse est en grande partie liée à une réduction de la pression artérielle systolique, de 2mm Hg en moyenne pour les patients ne prenant pas de traitement, et cela dans toutes les classes socio-économiques, baisse que les auteurs relient aux campagnes d’incitation à une réduction de la consommation de sel.  La réduction des taux de cholestérol total, du tabagisme et de la sédentarité contribuent eux aussi, bien que dans une moindre mesure,  à la réduction du risque de décès par maladie coronarienne. La part prise par la baisse du tabagisme est particulièrement intéressante dans les milieux à faible revenu, mais ses effets sont toutefois menacés par l’augmentation de la prévalence de l’obésité et du diabète, elle aussi dépendante du milieu socio-économique.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Hotchkiss JW et coll. : Explaining trends in Scottish coronary heart disease Mortality between 2000 and 2010 using IMPACTSEC model: retrospective analysis using routine data. BMJ 2014; 348: g1088doi: 10.1136/bmj.g1088

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