Besoin d’une bonne fessée !

L’acceptabilité sociale des punitions corporelles est très élevée chez les Américains. On entend par punitions corporelles l’utilisation d’une force physique avec l’intention de causer de la douleur chez l’enfant, non pas pour le blesser, mais pour corriger ou contrôler son comportement. Bien que les études les démontrent inefficaces et même nocives, 76 % des hommes et 65 % des femmes croient qu’un enfant a souvent « besoin d’une bonne fessée. » Considérant ces faits, Chiocca (1), une infirmière praticienne spécialisée, a entrepris une revue de la littérature sur ce thème pour répondre à ces trois questions : 1) Quels facteurs influencent les attitudes et les croyances des parents américains concernant les punitions corporelles? 2) Où les parents américains prennent-ils l’information à la base de leurs opinions? et 3) Est-ce que ces opinions se traduisent par l’utilisation réelle de punitions corporelles? En tout, 25 articles de parus de 1990 à 2014, ont été lus, ordonnés, analysés, catégorisés, résumés et synthétisés.

Les normes culturelles et les erreurs d’appréciation

Pour plusieurs participants à ces études, les facteurs externes, comme les normes culturelles et les croyances religieuses jouent un rôle déterminant dans l’acceptabilité de l’utilisation des punitions corporelles. S’y ajoutent le stress parental, la pauvreté, le manque de connaissances sur les caractéristiques du développement de l’enfant et la croyance que les enfants doivent être contrôlés. Les parents qui se prononcent en faveur des punitions corporelles en ont souvent reçu lorsqu’ils étaient enfants.

Les parents qui sont favorables aux punitions corporelles pensent que ces dernières sont approuvées par les professionnels de la santé, les leaders religieux et les membres proches de leur famille ou de leur réseau. De plus, ils ont moins été exposés aux messages qui s’y opposent.

Les études confirment que les opinions sur les bénéfices des punitions corporelles se traduisent par leur utilisation, surtout dans un contexte de stress impliquant le parent, l’enfant et l’environnement.

Qu’en est-il ailleurs dans le monde ?

La Suède a été le premier pays à adopter l’éducation non violente en 1979, suivie par la Finlande (1983) et la Norvège (1987). En décembre 2016, la France avait légiféré contre les punitions corporelles envers les petits et est ainsi devenue le 52e État à adopter une telle législation (2). Toutefois, la loi a été censurée. Les soignants ont un rôle d’éducation et ils devraient exprimer clairement les aspects nocifs des punitions corporelles et proposer des moyens alternatifs pour composer avec les problèmes de discipline (3).

Cécile Michaud, inf., PhD

Références
(1) Chiocca E M. : American parents’ attitudes and beliefs about corporal punishment: An integrative literature review. Journal of Pediatric Health Care, 2017; 31: 372–383.
(2) http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1009383/quels-pays-interdisent-fessee-chatiment-enfant-carte
(3) http://naitreetgrandir.com/fr/etape/5-8-ans/comportement/fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-enfant-punir-fessee

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