Bons résultats de l’hémorroïdopexie mécanique

L’hémorroïdopexie mécanique (HM) a été décrite en Sicile par Antonio Longo en 1998 et a connu une grande diffusion, essentiellement du fait que ses suites sont bien moins douloureuses qu’avec l’hémorroïdectomie selon la technique de Milligan et Morgan (elle ne touche pas à la muqueuse sensible du canal anal). Son principe consiste à ne plus « enlever » les hémorroïdes, mais à les fixer dans le rectum au-dessus de la ligne pectinée ; on utilise une pince dérivée de celles servant aux auto-sutures digestives, qui enlève un cylindre de muqueuse rectale et en assure la cicatrisation immédiate au moyen de minuscules agrafes (2 mm) de titane. La muqueuse rectale ainsi raccourcie « tire » les hémorroïdes vers le haut et les agrafes sont éliminées par les selles sans que le malade s’en aperçoive vers J8. De plus, le flux artériel alimentant les hémorroïdes est diminué.

Une étude rétrospective

Des auteurs roumains rapportent leur expérience rétrospective sur 35 malades porteurs d’hémorroïdes internes de stades II et III (c’est à dire prolabées à l’effort) traitées par HM entre 2012 et 2020. Tous ont eu une coloscopie préalable et une antibioprophylaxie. L’anesthésie a été locorégionale pour les patients en position de la taille.

Après introduction du dilatateur circulaire anal (DCA) à parois transparentes, il est maintenu par 4 points, son bon positionnement étant un élément-clé du succès. On vérifie, après réduction du prolapsus hémorroïdaire, qu’il n’y a pas de plis muqueux « piégés » par le DCA, sinon on les repositionne avec un tampon. On réalise une bourse circulaire (propylène 00 non tressé) au-dessus des hémorroïdes et la prise ne doit intéresser que la muqueuse et la sous-muqueuse, une prise trop épaisse pouvant entraîner une sténose, voire une fistule recto-vaginale. Il importe de retirer le DCA entre 2 passages de la bourse pour éviter une torsion axiale de la muqueuse et de le réintroduire en lui imprimant ¼ de tour. On place alors l’enclume de la pince mécanique dont l’extrémité proximale porte des indications pour calculer la profondeur optimale, au-dessus de la bourse, celle-ci étant alors serrée autour du trocart et assurée par un nœud. La poignée active alors la suture mécanique, une minute après serrage de la bourse, en vérifiant que l’indicateur rouge est à l’intérieur de la zone verte sur l’appareil ; un son spécifique (craquement) confirme la bonne réalisation du geste. Il reste à retirer l’enclume par un mouvement de godille et à vérifier le caractère complet de la collerette réséquée.

Un seul malade réopéré

Des points sont nécessaires pour compléter l’hémostase. Les soins postopératoires consistent en mesures diététiques, antalgiques et bains de siège. Les malades ont été revus au moins à 3 et 6 mois.

Les résultats ont été bons, un seul malade ayant dû être réopéré pour saignement. Deux autres ont présenté une thrombose hémorroïdaire interne, accessible à un traitement médical.

Un petit prolapsus hémorroïdaire est apparu chez un 4ème opéré. On n’a observé ni sténose, ni douleurs persistantes, ni ténesme, ni troubles de la continence. Un sujet s’est plaint d’inconfort rapporté aux agrafes. Le taux de satisfaction global a été de 94 %.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Puia IC et coll. : Stapled hemorrhoidopexy: technique and long term results Chirurgia 2021;116:102-108.

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