Cancer du col : et si on l'éradiquait ?

Il n'est pas très fréquent de voir une publication médicale cosignée par les plus grandes institutions internationales. Aujourd'hui, ces organisations prestigieuses (Union for International Cancer Control, Fonds Global des Nations Unies, Banque Mondiale, Organisation Mondiale de la Santé, Fonds des Nations-Unies pour la Population, Unicef, London School of Hygiene and Tropical Medicine, etc.) s'unissent à la Fédération internationale des gynécologues et obstétriciens (FIGO) pour lancer un appel à l'action pour la fin du cancer du col utérin.

La perspective d'éliminer le fléau qu'est le cancer du col n'est plus un rêve car nous possédons aujourd'hui les outils pour atteindre cet objectif. Deux stratégies sont défendues par les auteurs.

Vaccination et dépistage/traitement des lésions précancéreuses

Récemment, la vaccination contre le papillomavirus (HPV) dans les pays développés a abouti à une diminution spectaculaire des infections à HPV et aux maladies du col associées. Hélas, bien que 80 pays aient introduit la vaccination anti-HPV dans leurs programmes de santé, seulement 3 % des jeunes filles susceptibles d'en bénéficier sont vaccinées. Si tous les pays avec un important taux de maladie introduisent la vaccination au niveau national, il est possible de protéger la grande majorité des femmes et des jeunes filles les plus à risque.

Pour les femmes qui sont au delà de l'âge ciblé pour la vaccination, des progrès ont été faits dans le dépistage et le traitement des pathologies précancéreuses du col, mais nous devons accélérer cet élan pour réduire l'incidence et la mortalité dans le monde entier afin de les amener aux taux que nous connaissons dans les pays plus riches. Les ressources humaines et financières doivent être augmentées et ciblées sur des programmes qui suivent les meilleures pratiques et touchent toutes les femmes, y compris les femmes marginalisées ou les femmes de milieux défavorisés.

Sept actions clés

1.    Diffuser les bonnes pratiques dans les programmes nationaux de santé publique…

2.    Favoriser la synergie avec d'autres programmes de santé primaire, en particulier ceux concernant le VIH.

3.    Assurer le lien entre diagnostic et prise en charge thérapeutique pour éviter les perdues de vue.

4.    Négocier des prix acceptables pour l'acquisition de vaccins et développer de nouveaux mécanismes de financement pour la formation et l'achat de matériel pour le diagnostic et le traitement des pathologies cervicales précancéreuses.

5.    Travailler avec tous les acteurs pour renforcer la confiance dans la vaccination et dans les stratégies de dépistage et de traitement.

6.    Recueillir un maximum de données pour évaluer la progression des indicateurs et allouer les ressources là où elles sont le plus nécessaires.

7.    Assurer le traitement du cancer avéré et les soins palliatifs, là où c'est possible.

Le temps est donc venu de l'action au niveau national, régional, voire à tous les niveaux !

Dr Charles Vangeenderhuysen

Référence
Aranda S et coll. : Ending cervical cancer: a call to action. Int J Gynaecol Obstet, 2017 Jul, doi:10.1002/ijgo.12182.

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