Ce qui malmène (aussi) la qualité de vie après la ménopause

L’atrophie vulvo-vaginale (AVV) - aussi nommée syndrome génito-urinaire ménopausique (SGUM) -est la conséquence de la diminution des stéroïdes sexuels à la ménopause, responsable des modifications anatomiques et fonctionnelles des tissus des bas-appareils génital et urinaire.

L’AVV touche de nombreuses femmes ménopausées, sa fréquence est estimée lors de l’examen clinique entre 67 et 98 %, et elle est symptomatique dans la moitié des cas. La sécheresse vaginale, symptôme le plus fréquent, est à l’origine de troubles sexuels.

Les dyspareunies, les irritations vulvaires et vaginales, le prurit vulvaire, les saignements post-coïtaux, les dysuries, les infections urinaires à répétition altèrent la qualité de vie de ces femmes. Malheureusement, elles pensent souvent que ces symptômes sont la conséquence normale de leur vieillissement et elles ne les mentionnent pas spontanément lors de la consultation. Il est nécessaire de diagnostiquer l’AVV et d’en évaluer l’impact sur la qualité de vie des femmes qui en souffrent, afin d’en envisager le traitement.

Des symptômes vaginaux sévères dans deux tiers des cas

L’étude EVES (EuropeanVulvovaginal Epidemiology Survey) a évalué la prévalence de l’AVV, confirmée par l’examen gynécologique, chez des femmes consultant dans des centres de gynécologie ou des centres dédiés à ménopause, en Italie et en Espagne. L’étude a aussi précisé l’impact de l’AVV sur la qualité de vie des femmes ménopausées.
Au total, 2 160 femmes ménopausées, qui présentaient au moins un symptôme évoquant l’AVV, ont été incluses. Elles ont été examinées et soumises à plusieurs questionnaires.
Un premier questionnaire évaluait l’importance de l’AVV: absente, légère, modérée, sévère. Les symptômes ont été regroupés selon leur localisation vaginale, vulvaire et urinaire.

Les deux autres questionnaires concernaient la qualité de vie :
 - L’EuroQol-5D-3L avec 5 items : mobilité, autonomie,activités courantes, douleur/gêne, anxiété/dépression.
 -Le DIVA (Day-to-day Impact of Vaginal Aging) avec 4 items : activités courantes, bien-être émotionnel, fonction sexuelle, image de soi.

L’ensemble des  femmes incluses avaient un âge médian de 58,9 ans ± 6,8. Elles étaient ménopausées depuis 10,1 ans ± 7,1.
Environ deux tiers (66,3 %) des femmes incluses souffraient de symptômes vaginaux sévères, presque un tiers (30,5 %) souffraient de symptômes vulvaires sévères,11,2 % de symptômes urinaires sévères, et certaines de symptômes de plusieurs catégories à la fois.
Environ 29,3 % des femmes ne souffraient d’aucun symptôme sévère.
L’examen gynécologique a confirmé l’AVV dans 90,5 % des cas.
Les symptômes les plus fréquemment rapportés étaient la sécheresse vaginale (87,6 %) et les rapports sexuels douloureux (66,8 %).

Interroger et examiner les femmes ménopausées

Les scores de qualité de vie EQ-5D-3L et DIVA étaient significativement altérés chez les femmes atteintes de symptômes sévères vulvaires et/ou urinaires, en comparaison de ceux des femmes qui n’avaient pas de tels symptômes, et ce d’autant plus quand l’examen gynécologique confirmait l’AVV.
L’atrophie vulvo-vaginale sévère est directement associée à l’altération de la qualité de vie des femmes ménopausées. Cet impact est trop méconnu, alors qu’il est comparable à celui qui est reconnu pour d’autres états pathologiques. 

Dr Catherine Vicariot

Référence
Nappi RE et coll. on behalf of the EVES Study investigators. : The Burden of Vulvovaginal Atrophy on Women's Daily Living Implications on Quality of Life From a Face-to-face Real-life Survey. Menopause, 2019; 26(5): 485-491.

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