Chaud et froid sur la mortalité

Dans le contexte du changement climatique, les données épidémiologiques semblent indiquer que des températures extrêmes augmentent le risque de mortalité par maladies cardiorespiratoires. Les températures idéales correspondant à la mortalité minimale ne sont toutefois pas définies, non plus que le risque relatif précis associé à des températures extrêmes. Les études se sont souvent penchées sur le risque de mortalité de cause cardio-respiratoire, et l’on sait peu de choses sur le risque de mortalité liée à d’autres causes spécifiques.

Une étude a été menée dans 272 villes chinoises, relevant les décès survenus de façon non accidentelle entre janvier 2013 et décembre 2015, soit au total près de 2 millions de décès. Les résultats montrent que la mortalité et la température sont associées selon une courbe en J inversée.

Ainsi, une vague de froid s’accompagne d’une augmentation de la mortalité pendant une quinzaine de jours, alors que l’excès de mortalité associé aux températures caniculaires apparaît immédiatement et se maintient seulement 2 à 3 jours. Ceci suggère que les mesures préventives contre la chaleur devraient être prises rapidement mais transitoirement, tandis que celles destinées à protéger du froid devraient être plus prolongées.

En Chine, le froid tue davantage que le chaud

Sur la mortalité totale non accidentelle, la part attribuable à un problème de température est de 14,33 %. Un froid modéré (-1,4° à 22,8°) serait responsable de 10,49 % des décès, une chaleur modérée (22,8° à 29°) de 2,08 % des décès, le grand froid (-6,4° à -1,4°) de 1,14 % des décès et enfin l’extrême chaleur (29° à 31,6°) de 0,63 % des décès. Cet effet prépondérant des températures modérées est expliqué par le fait qu’elles sont enregistrées au cours de périodes plus longues que les températures extrêmes.  

Parmi les causes de décès liées à la température, les pathologies cardiovasculaires sont les plus représentées, notamment les pathologies coronaires et les accidents vasculaires cérébraux, suivies par les pathologies respiratoires et notamment les bronchopathies chroniques obstructives.

Le risque de mortalité est supérieur dans les zones de mousson, tempérées et subtropicales, dans certains sous-groupes spécifiques (les femmes, les personnes de plus de 75 ans et ceux dont le cursus scolaire est inférieur à 9 ans) et dans les villes très urbanisées et dans lesquelles le chauffage est maintenu le moins longtemps.

Dr Roseline Péluchon

Références
Chen R. et coll. : Association between ambient temperature and mortality risk and burden: time series study in 272 main Chinese cities. BMJ 2018;363:k4306

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