Choisir un traitement antidépresseur

Des chercheurs du célèbre Black Dog Institute [1] d’Australie (centre de référence de notoriété internationale en matière de troubles dépressifs) proposent une réflexion sur le choix d’un traitement antidépresseur, assignable en théorie à plusieurs critères. On peut se baser sur l’évaluation d’un sous-type particulier de dépression ou/et d’un ensemble de symptômes (symptom cluster) pour s’efforcer d’apparier plutôt tel ou tel type symptomatique à une classe d’antidépresseurs. On peut aussi orienter le choix du médicament en fonction de l’intensité des troubles (depression severity). Et au sein d’une même classe de produits, ce choix est susceptible d’être influencé par « la personnalité du patient, ses préférences, la présence éventuelle de comorbidités somatiques ou psychiatriques ou d’effets collatéraux. » On peut encore être guidé par des études comparatives sur l’efficacité des molécules selon les contextes nosologiques, voire par une « psychiatrie de précision » proposant en théorie d’appuyer la stratégie pharmacologique sur des critères étroitement liés au patient, comme le contexte génétique, des données de neuro-imagerie, des éléments du profil cognitif… Mais il faut reconnaître que ce dernier abord (dit « prédictif ») ne présente concrètement qu’une « utilité clinique limitée », dans la pratique actuelle.

Ne plus se cantonner au trouble dépressif majeur

Alors que ces différentes approches de la décision thérapeutique sont souvent informelles ou/et qu’elles interviennent de façon associée, les auteurs estiment qu’une « clarification » souhaitable du choix d’un antidépresseur pourrait résulter de la réalisation d’essais cliniques ciblant plus précisément les différents « sous-types spécifiques » de dépression, plutôt que de se consacrer (comme c’est généralement le cas) au « trouble dépressif majeur » (major depressive disorder), c’est-à-dire à la « dépression très grave », prise comme une seule entité globale, non démembrée en différentes formes cliniques. Intérêt de cette approche plus fine : permettre à la recherche pharmaceutique de mieux documenter un « choix personnalisé du traitement antidépresseur. »

[1] https://www.blackdoginstitute.org.au/

Dr Alain Cohen

Référence
Bayes A et coll.: How to choose an antidepressant medication. Acta Psychiatrica Scandinavica, 2019: 139: 280–291.

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