Combien de vies d’enfants épargnées grâce à la vaccination ?

Certains décès d’origine infectieuse pourraient être évités chez l’enfant grâce à la vaccination. Mais cela dépend du taux de couverture vaccinale, de la disponibilité du vaccin, de ses contre-indications, de son éventuelle prise en charge ou non. Peu d’études ont été consacrées aux morts potentiellement évitables, heureusement très rares mais particulièrement douloureuses.

Des chercheurs de l’Université de Sydney ont recensé les décès survenus en Nouvelle Galles du Sud de 2005 à 2014, avec l’impact éventuel de la vaccination. Les sources étaient le registre des décès de l’état et celui des maladies à déclarer. Le programme national d’immunisation comportait pendant cette période 16 vaccinations. Les dossiers médicaux et d’autopsie ont été revus. Les cas ont été classés en confirmés s’il y avait identification de l’agent pathogène sur un prélèvement clinique et des constatations compatibles à l’autopsie et probables si les résultats des examens de laboratoire suggéraient l’implication d’un pathogène ou si celui-ci était isolé post-mortem ou encore lorsqu’il y avait proximité avec un malade et des éléments évocateurs à l’anatomie pathologique. La méthode de capture/recapture a été utilisée pour estimer le nombre réel de décès. Ces décès ont été classés en évitables en fonction de la disponibilité en vaccin, l’âge des enfants et l’absence de contre-indications et en non évitables.

Près de la moitié des décès auraient pu être évités

En tout, 54 décès ont été identifiés certainement ou probablement dus à des maladies évitables lorsque la vaccination était disponible. Le taux moyen de mortalité annuelle a été de 0,33/100 000 enfants et 2,1/105 nourrissons. Les deux tiers sont survenus chez des enfants sans comorbidité connue. Aucun enfant n’avait été vacciné contre la maladie en cause excepté l’un d’eux atteint d’une infection invasive à pneumocoque 19A, correctement vacciné et considéré comme un échec de la vaccination. Parmi les germes en cause, le virus de la grippe arrivait en premier avec 15 décès (12 de ces enfants auraient dû être vaccinés), puis les pneumocoques (15 cas), les méningocoques (12 cas) et d’autres germes (11 cas). Sur ces 53 cas, 23 auraient pu être évités par la vaccination dont 12/15 grippes, 5/12 méningocoques, 4/15 pneumocoques.

Plusieurs facteurs ont modifié récemment cette évaluation : la possibilité de vacciner les mères en fin de grossesse pour les petits nourrissons (grippe 3/15), l’apparition d’un vaccin anti-méningocoque B (7/12), le vaccin anti-pneumocoque 13 valences (3/15).

Ainsi, deux mesures peuvent améliorer le taux des décès évitables, la vaccination en fin de grossesse (grippe, coqueluche) et la mise au point de vaccins incorporant des sous-types supplémentaires (pneumocoque, méningocoque B, grippe).

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Phillips A et coll.: Vaccine-preventable child deaths in New South Wales from 2005 to 2014: how much is preventable? J Pediatr Child Health 2018; 54: 356-364.

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Vos réactions (2)

  • Quelle désinformation !

    Le 10 mai 2018

    Le vaccin anti-grippe n'a toujours pas prouvé d'efficacité. Vacciner des femmes enceintes est criminel et contraire au décret du 28.2.1952... Heureusement qu'il est utilisé le subjonctif, donc aucune crédibilité!

    Serge Rader

  • Vaccinations raisonnées pendant la grossesse

    Le 10 mai 2018

    Les pneumopathies varicelleuses et grippales ont une morbidité augmentée pendant la grossesse, ainsi qu'une mortalité augmentée. Toutes les maladies infectieuses virales augmentent le risque de fausse couche. Les varicelles congenitales, rougeoles congénitales, ou, plus simplement un accouchement en période de virémie quelconque entraine des complications séverissimes chez le nouveau né. La vaccination des femmes avant une grossesse, ou pendant dans certaines situations épidémiques (grippe, fievre jaune, choléra, etc...) pour protection de la mère et de son enfant est donc parfaitement justifiée

    On sait tout ça depuis des dizaines d'années, sauf, manifestement M Rader, qui, non content d'etre spécialiste en immunologie clinique, en pédiatrie, se mue maintenant en obstétricien.

    Je réponds à son post seulement pour ne pas lui laisser la parole sans contradiction, car c'est par la répétition ad libitum et quasi incantatoire de ses théories qu'il assomme les non scientifiques, par un procédé bien connu des sectes de tous les pays. Avec en prime une reference à un décret datant de plus de 60 ans, abrogé en 2002 et concernant la vaccination anti tétanique et anti diphtérique, donc totalement hors sujet.

    Eberhart-Phillips GO 1993
    Ali IJGO 2009,
    Pastuszak 1994, Tan 2006,
    Dodds CMAJ 2007
    Jamieson Lancet 2009,

    Quelques références parmi les nombreuses allant dans le sens de vaccinations raisonnées pendant la grossesse. A noter qu'il n'y a jamais eu de publié le moindre problème foetal à l'issue d'une vaccination, meme avec un virus atténué (bien que ce ne soit évidemment pas conseillé de le faire). Quand on parle de crédibilité...

    Dr E Orvain

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