Des pistes pour diagnostiquer le syndrome du surentraînement

L’entraînement d’un sportif comporte plusieurs volets : la condition physique, la condition mentale, la technique et la tactique, pour n’en citer que les principaux.

L’entraînement physique consiste, en résumé, à proposer régulièrement une charge de travail supérieure à celle à laquelle le corps est habitué. Pendant la période de récupération, l’organisme s’y adapte (phase de surcompensation) et parvient à un niveau de performance plus élevé. Il s’agit donc d’un équilibre subtil entre fatigue et repos. Lorsque celui-ci est rompu, c’est le syndrome de surentraînement. Un cercle vicieux risque alors de s’installer : l’athlète ressent un arrêt dans sa progression, il s’entraîne donc encore plus et augmente ainsi sa fatigue tout en diminuant d’autant ses performances. Sans compter les conséquences négatives, biologiques et psychologiques.

Le surentraînement touche environ des 10 % des sportifs, quel que soit leur niveau de pratique.

Son évaluation pose une difficulté : l’absence de signes pathognomoniques.

En Suisse, des spécialistes du sport ont effectué une revue systématique dans les bases de données classiques à la recherche de biomarqueurs et autres outils permettant d’améliorer le diagnostic de ce syndrome.

Ils ont trouvé 5 561 études, dont 39 ont été incluses pour analyse, totalisant 952 sportifs. La majorité des travaux portait sur des sports multiples, et quelques-uns sur des disciplines spécifiques (aviron, ski nordique, etc.). Quand le sexe était précisé, il s’agissait d’hommes dans 34,7 % des cas et de seulement 14,0 % de femmes.

Des modifications hormonales, métaboliques et psychologiques

Comparé à des groupes d’athlètes sains, les perturbations hormonales les plus fréquentes étaient une diminution du rapport testostérone/œstradiol, et de la testostérone, ainsi qu’une élévation du taux d’œstradiol, et de ceux du cortisol salivaire et plasmatique. Le rapport des cellules neutrophiles sur les lymphocytes était diminué, tandis que les taux d’interleukines IL-1β, IL-6, et du tumor necrosis factor-α s’élevaient en réponse à un bref effort. Certaines altérations métaboliques ont été observées (diminution de la glutamine et élévation des glutamates sanguins).

Le questionnaire POMS (Profile Of Mood States) montrait un score total élevé, comme ceux de fatigue, de tension ou de colère.

Un tiers des études rapportait l’usage des scores EROS (Endocrine and Metabolic Responses on Overtraining Syndrome). Ils ont été élaborés en combinant plusieurs marqueurs parmi 117 possibles et semblent constituer un outil prometteur, sous réserve de le valider pour les femmes.

Il reste qu’il est parfois difficile de distinguer, chez un sportif dont les performances ont diminué, si cette baisse est normale et précède la phase de surcompensation, ou si elle signe le début d’un syndrome de surentraînement.

Dr Patrick Laure

Référence
Carrard J, Rigort AC et coll. : Diagnosing Overtraining Syndrome: A Scoping Review. Sports Health 2021 Sep 9;19417381211044739. doi : 10.1177/19 417 381 211 044 739.

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