Dysplasie cervicale de haut grade avant 25 ans : on peut attendre

La régression spontanée des lésions dysplasiques cervicales de haut grade, en particulier chez les femmes jeunes, a fait l'objet de nombreuses publications. Il est aujourd'hui généralement admis qu'une surveillance simple peut être proposée, au moins dans un premier temps, en cas de découverte de néoplasie cervicale intraépithéliale de grade 2 (CIN 2).

Les auteurs de cette étude ont voulu préciser le taux de régression spontanée de CIN 2 et les facteurs prédisposant à celle-ci chez les femmes âgées de moins de 25 ans ayant bénéficié d'une surveillance pendant au moins deux ans.

Il s'agit d'une étude multicentrique menée dans 16 centres en Nouvelle-Zélande et en Australie sur 615 participantes de moins de 25 ans chez lesquelles un primo-diagnostic de CIN 2 a été posé par biopsie cervicale entre 2010 et 2016. La surveillance comprenait tous les six mois une colposcopie, un examen cytologique et une biopsie cervicale, et ce pendant au moins 24 mois.

Plus de 50 % de régressions spontanées

Sur les 615 participantes, 109 femmes ont été exclues pour diverses raisons : non respect des délais de surveillance (41), perdues de vue (41), choix personnel d'une autre prise en charge (22), refus des biopsies (4), décès sans rapport avec la lésion cervicale (1).

Parmi les 506 femmes ayant été au terme du protocole de deux ans, on a observé une régression complète des lésions chez 326 participantes, soit 64 % (intervalle de confiance à 95 % IC95 : 60 – 68), alors qu'une lésion persistante ou aggravée (CIN 2, CIN 3, adénocarcinome in situ) a été notée chez 156, soit 31 %. Chez 24 patientes (5 %), on a mis en évidence des signes de régression à 24 mois sans pouvoir cependant la confirmer.

Si on tient compte de l'ensemble des participantes, y compris celles sorties du protocole en cours d'étude, on obtient encore un effet positif, avec une régression des lésions dans 53 % des cas (326 sur 615).

L'analyse multivariée permet de préciser les facteurs de risque de poursuite du processus pathologique. La présence d'un HPV 16 lors du diagnostic diminue les chances de régression spontanée de 31 % (risque relatif RR = 0,69 ; IC95 : 0,56 – 0,86, p < 0,001). En revanche, un aspect colposcopique normal ou de bas-grade, une cytologie normale ou de bas-grade et l'absence de consommation de tabac sont associés à davantage de chance de régression spontanée.

Les auteurs concluent donc que plus de la moitié des femmes de moins de 25 ans ayant une lésion de CIN 2 présenteront une régression spontanée complète ou en CIN 1. L'absence de HPV 16 au moment du diagnostic est l'élément pronostique le plus favorable.  

Dr Charles Vangeenderhuysen

Références
Sykes PH et coll. : Predicting regression of cervical intraepithelial neoplasia grade 2 in women under 25 years. Am J Obstet Gynecol., 2021 ; Publication avancée en ligne le 14 septembre. doi: 10.1016/j.ajog.2021.09.009.DOI : 10.1016/j.ajog.2021.09.009

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Vos réactions (1)

  • Pas d'état d'âme

    Le 22 septembre 2021

    Pas d’état d’âme sous nos tropiques puisque la dysplasie cervicale quel que soit son grade n’existe pas avant 25 ans ! (aucune indication de dépistage !).

    Dr Françoise Jeannier

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