HDL élevé ou quand le mieux est l’ennemi du bien

On ne présente plus le cholestérol HDL et LDL, le bon et le mauvais, le protecteur et l’athérogène. Cependant, la dichotomie n’est pas aussi simple et tout est une question de quantité. C’est en tout cas les conclusions d’une équipe danoise qui s’est intéressée au devenir de patients avec un taux très élevé de HDL.

Selon 2 études prospectives portant sur plus de 100 000 personnes,  le HDL peut avoir des effets néfastes lorsqu’il est extrêmement élevé.

Les taux très élevés de HDL sont souvent d’origine génétique liés à une mutation du gène CETP qui conduit à une faible activité de la cholesteryl ester transfer protein. Seul 0,4 % des hommes et 0,3 % des femmes ont des taux très élevé de HDL, définis par une valeur ≥ 3 mmol/l pour l’homme et ≥ 3,5 mmol/l pour la femme.

L’association entre taux extrêmement hauts et mortalité n’est cependant pas claire.

Les auteurs ont donc suivi 52 268 hommes et 64 240 femmes sur une période médiane de 6 ans, correspondant à 745 452 personnes/années. Parmi eux, 5 619 hommes et 5 059 femmes sont décédées pendant le suivi correspondant à 17,1 décès pour 1000 personnes/années pour les hommes et 12,1 pour les femmes.

Une mortalité accrue si ça dépasse 2,5 mmol/L

Les analyses de sang n’ont pas été faits à jeun, et les résultats ont été ajustés selon les variables habituellement associées à la mortalité : âge, IMC, tabagisme, consommation d’alcool, activité physique et diabète.

Le taux de HDL associé à une mortalité la plus faible est de 1,9 mmol/L soit 73 mg/dL pour les hommes et 2,4 mmol/L soit 93 mg/dL pour les femmes.

Pour les hommes, lorsque le taux de HDL est compris entre 2,5 et 2,99 mmol/L, le risque relatif de décès toutes causes confondues est de 1,36 (intervalle de confiance à 95 % [IC 95 %] : 1,09-1,7) par rapport  au taux de HDL associé au taux minimal de décès, c'est-à-dire 1,9 mmol/L.

Pour un taux ≥ 3 mmol/L (116 mg/dl), le risque relatif est de 2,06 (IC 95 % 1,44-2,95).

Pour les femmes, entre 3 et 3,49 mmol/l (116 -134 mg/dL), le risque est de 1,10 (IC 95 % : 0,83-1,46) et pour des valeurs  ≥ 3,5 mmol/L (135 mg/dL), il est de 1,68 (IC 95 % : 1,09-2,58).

Ainsi, que ce soit chez les hommes ou les femmes,  les taux les plus élevés de HDL sont associés à une augmentation de la mortalité quelle que soit la cause.

Cette étude n’est qu’observationnelle et il reste à comprendre pourquoi des personnes avec un taux très élevé de HDL ont une mortalité augmentée et peut-être ne pas chercher à augmenter à tout prix le taux de HDL…

Dr Sylvie Coito

Références
Madsen CM et coll. : Extreme high-density lipoprotein cholesterol is paradoxically associated with high mortality in men and women : two prospective cohort studies. European Heart journal, 2017, 38, 2478-2486.

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Vos réactions (9)

  • Quel ratio LDL/HDL ?

    Le 28 septembre 2017

    L'article ne dit pas quel est le taux LDL de ces mêmes patients. Est-il lui aussi plus élevé ? Quel est le rapport entre les deux cholestérols, ratio indiquant également le niveau de risque.

    Séverine Dardel

  • Financement ?

    Le 28 septembre 2017

    Peut-on savoir aussi qui a financé l'étude, s'il vous plait ?

    Dr Marie-Ange Grondin

  • Rapport total cholesterol/HDL

    Le 28 septembre 2017

    Effectivement, l'article ne mentionne pas le niveau de total cholestérol et de LDL chez les patients analysés dans cette étude. De plus, il n'y a aucune description de l'effet entre le rapport total cholestérol/HDL et le taux de mortalité.

    Dr. G. Leclerc

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