Il y a quelque chose sur l’IRM…

La pratique de l’IRM cérébrale, d’une partie du corps ou du corps entier est devenue courante. Réalisée pour la recherche d’une pathologie, elle l’est aussi de plus en plus souvent chez des personnes apparemment asymptomatiques: individus participant à une étude, examen demandé par un médecin, par une assurance, pour un dépistage de maladie professionnelle ou un programme de santé organisé par une société, etc. Cela mène inévitablement à la découverte fortuite d’images (« incidentalomes ») parfois formellement bénignes, parfois inquiétantes.

Pour déterminer leur prévalence et leur type, une équipe du Royaume-Uni a réalisé une revue systématique des publications et la méta-analyse de 32 études, incluant au total 27 643 participants. Les auteurs se sont limités aux images pouvant correspondre à une pathologie sévère, chez des adultes apparemment asymptomatiques, à qui était prescrit une IRM cérébrale, thoracique, abdominale ou du corps entier.

Près de 4 % d’incidentalomes « graves »

La prévalence des incidentalomes pouvant correspondre à une pathologie grave est de 3,9 % (intervalle de confiance à 95 % : 0,4 % à 27,1 %) pour les IRM incluant le corps et le cerveau (1,4 % pour le cerveau, 1,3 % pour le thorax et 1,9 % pour l’abdomen). Si l’on inclut les « lésions » dont la gravité potentielle est incertaine, l’incidence passe à 12,8 % (3,9 % à 34,5 %) : 1,7 % pour le cerveau, 3,0 % pour le thorax et 4,5 % pour l’abdomen. Notons qu’il existe une grande hétérogénéité entre les études dans les estimations de la prévalence de ces découvertes fortuites, reflétant sans doute des variations méthodologiques et des estimations différentes de la définition des incidentalomes potentiellement graves.

Confirmation une fois sur cinq

La moitié environ des images inquiétantes laissent suspecter une tumeur maligne (cerveau 0,6 %, thorax 0,6 %, abdomen 1,3 %, cerveau et corps 2,3 %). Les données de suivi sont peu nombreuses, mais semblent indiquer que seulement une image suspecte découverte fortuitement sur 5 correspond finalement à un diagnostic de pathologie grave.

Ces données posent le problème de la conduite à tenir devant ces images de découverte fortuite. Elles mettent en lumière la nécessité d’autres travaux en complément, pour fournir aux praticiens des indications plus précises sur le rapport bénéfice/risque de l’IRM. Cela contribuerait à résoudre les questions, médicales et éthiques, que posent ces images découvertes incidemment.

Dr Roseline Péluchon

Références
Gibson L.M. et coll. : Potentially serious incidental findings on brain and body magnetic resonance imaging of apparently asymptomatic adults: systematic review and meta-analysis. BMJ 2018; 363: k4577

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