L’allergie alimentaire non IgE médiée perturbe la qualité de vie familiale

Entre 3 et 7 % des enfants présentent une allergie alimentaire. La nomenclature actuelle les classe en allergie IgE médiée ou non IgE médiée, ou parfois mixte. Les allergies affectant le tractus gastro-intestinal sont le plus souvent non IgE médiées et se manifestent par des diarrhées, une constipation, des vomissements, des douleurs abdominales, des difficultés alimentaires et des troubles de la croissance. Ces symptômes, associés aux difficultés que posent les évictions alimentaires, peuvent affecter sévèrement la qualité de vie de la famille. L’impact des allergies alimentaires IgE médiées sur la vie familiale a été bien étudié, mais celui des allergies non IgE médiées n’a fait l’objet, jusqu’à présent, que d’un nombre très limité de travaux.

C’est ce qui a motivé une étude publiée récemment par une équipe du Royaume-Uni. Les auteurs ont enrôlé 123 enfants âgés de 4 semaines à 16 ans, chez lesquels venait d’être porté un diagnostic d’allergie alimentaire non IgE médiée. La majorité des enfants devaient respecter plusieurs exclusions, le lait, les œufs et le soja étant les plus courantes et près de 9 sur 10 avaient au moins une comorbidité atopique, le plus souvent une congestion nasale chronique. Après 4 à 8 semaines d’éviction alimentaire et une amélioration de l’état de santé de l’enfant, un questionnaire évaluant la qualité de vie de la famille depuis le diagnostic était proposé aux parents. Les auteurs avaient opté pour le PedsQJ FIM score, coté sur 100, pour lequel les valeurs les plus basses indiquent l’impact le plus important sur la qualité de vie.

Tous les domaines concernés

Tous les domaines de la vie familiale semblent impactés par la maladie, avec un score moyen total de 57,43. Les activités quotidiennes notamment sont perturbées, mais aussi les activités physiques et le fonctionnement émotionnel de la famille. Les parents relatent une anxiété importante, des troubles du sommeil de l’enfant provoqués par les douleurs abdominales et des difficultés alimentaires venant s’ajouter aux habituelles sources d’angoisse des parents de jeunes enfants. Il semble que les difficultés parentales commencent avec le manque de prise en considération des symptômes par l’entourage et le corps médical et les retards au diagnostic, qui, après le diagnostic, s’aggravent avec la nécessité de contrôler scrupuleusement l’alimentation et le régime d’exclusion.

Bien que, dans ce type d’allergie non IgE médiée, les parents n’aient pas à craindre un choc anaphylactique, ils redoutent une réactivation des symptômes, qui mettent ensuite plusieurs jours à s’amender.

L’âge, le nombre d’aliments à exclure, la sévérité des symptômes et la présence d’une congestion nasale chronique sont les facteurs altérant le plus significativement la qualité de vie. Notons enfin que, dans tous les domaines, les scores de qualité de vie sont inférieurs à ceux des enfants souffrant de drépanocytose ou de pathologie intestinale.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Meyer R. et coll. The impact on quality of life on families of children on an elimination diet for Non-immunoglobulin E mediated gastrointestinal food allergies. World Allergy Organ J. 2017 ; 10 : 8.

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