L’asthme sévère mieux contrôlé avec le dupilumab

Malgré les avancées thérapeutiques au cours des dernières décennies, 20 % des asthmatiques restent mal contrôlés, avec des exacerbations fréquentes et des symptômes persistants. Un certain nombre de ces patients présente un asthme associé à une inflammation de type 2, médiée par les cytokines comme l’interleukine-4, l’interleukine-5 et l’interleukine-13. Les taux d’éosinophiles dans le sang et les crachats, la fraction exhalée d’oxyde nitrique (NO) et le taux sérique d’IgE ont été associés aux mécanismes impliqués dans l’inflammation de type 2.

Une équipe états-unienne publie les résultats d’une étude menée sur plus de 1 900 patients asthmatiques. L’objectif était d’évaluer l’efficacité et la sécurité d’emploi du dupilumab chez des patients mal contrôlés. Le dupilumab est un anticorps monoclonal recombinant humain, dirigé contre la sous-unité alpha du récepteur de l’interleukine-4 et inhibant la signalisation par l’interleukine-4 et l’interleukine 13, et donc l’inflammation de type 2. Il a déjà reçu l’autorisation de mise sur le marché pour le traitement de certaines formes d’eczéma atopique.

Les patients étaient donc randomisés pour recevoir le dupilumab en injections sous-cutanées de 200 ou 300 mg tous les 15 jours pendant 52 semaines, ou un placebo tous les 15 jours, à raison de 1,14 ml ou 2,00 ml. Le critère principal était le taux d’exacerbations sévères et le changement absolu de volume expiratoire forcé en 1 seconde (VEMS), avant utilisation de bronchodilatateur, entre les mesures initiales et celles recueillies à la semaine 12.

Moitié moins d’exacerbations sévères dans l’année

Les résultats sont très encourageants puisque le taux annuel d’exacerbations sévères est réduit de moitié pour les patients recevant la biothérapie (0,46 pour les patients recevant 200 mg toutes les 2 semaines, vs 0,87 pour les patients sous placebo, soit un taux inférieur de 47,7 % chez les premiers. Les résultats sont les mêmes pour les patients qui recevaient une dose de 300 mg toutes les 2 semaines. A la semaine 12, le VEMS est augmenté de 0,32 l chez les patients sous dupilumab, vs 0,14 pour les groupes sous placebo.

Les résultats sont encore plus favorables pour le sous-groupe de patients ayant un taux d’éosinophiles supérieur à 300 par mm3, avec une réduction atteignant 65,8 % pour les participants sous dupilumab à la dose de 200 mg chaque semaine, et des résultats similaires pour la dose de 300 mg chaque quinzaine. Les auteurs précisent que l’amélioration du VEMS est constatée dès la première évaluation, menée 2 semaines après la première injection, et se maintient au long des 52 semaines de traitement.

L’effet secondaire le plus fréquent est une augmentation du taux d’éosinophiles, retrouvée chez 52 patients (4,1 %) sous traitement et 4 sous placebo, le plus souvent sans traduction clinique. Contrairement à ce qui est constaté dans le traitement de la dermatite atopique par dupilumab, il n’est pas retrouvé ici d’augmentation du risque de conjonctivite.

Dr Roseline Péluchon

Références
Castro M et coll. : Dupilumab Efficacy and Safety in Moderate-to-Severe Uncontrolled Asthma. N Engl J Med., 2018; 378: 2486-2496

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