Le deuxième rappel de vaccin anti-covid-19 est décidément utile !

L’efficacité d’une 3e dose de vaccin à ARNm est supérieure à celle atteinte après 2 doses contre l’infection par le variant Omicron du virus de la Covid-19 et contre ses formes symptomatiques. Elle semble toutefois diminuer rapidement.

Une nouvelle étude a récemment été publiée sur le sujet. Réalisée en Afrique du Sud, il s’agit d’une étude cas-témoin, incluant plus de 11 100 adultes hospitalisés pour une infection respiratoire aiguë (âge médian 51 ans) et testés pour le SARS-CoV-2 par PCR.

Neuf mois ou plus après la seconde dose, l’efficacité du vaccin contre l’hospitalisation pour une infection par le variant omicron est de 41 %, et de 31 % contre le risque d’hospitalisation par l’intermédiaire des urgences. Dans les 3 mois suivant le rappel, cette efficacité est de 85 % et 77 % respectivement. Elle diminue toutefois rapidement, puisqu’entre 3 et 5 mois, l’efficacité contre l’hospitalisation n’est plus que de 55 % et celle contre le recours aux urgences justifiant une hospitalisation est de 53 %.

Nécessité de doses supplémentaires ou d’une alternative vaccinale

Ces données en vie réelle sont en accord avec celles de laboratoire qui rapportent une augmentation des taux d’anticorps neutralisants après le rappel. Elles suggèrent aussi que des doses supplémentaires de vaccins seront nécessaires dans le futur, qu’il s’agisse des vaccins actuels, d’une forme adaptée ou de nouveaux vaccins.

Les travaux continuent en effet pour évaluer la meilleure stratégie de rappels. Les premières données venues d’Israël montrent une amélioration de la protection, à 4 mois, contre l’infection par le variant omicron chez les personnes ayant reçu une 4e dose de vaccin à ARNm, mais la durée de cette protection n’est pas encore évaluée.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Tartof SY et coll. : Durability of BNT162b2 vaccine against hospital and emergency department admissions due to the omicron and delta variants in a large health system in the USA: a test-negative case-control study. Lancet Respir Med. 2022 ; publication avancée en ligne le 22 avril. doi: 10.1016/S2213-2600(22)00101-1.

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Vos réactions (2)

  • Mais encore ?

    Le 08 mai 2022

    Trouve t'on dans ce travail (ou son analyse) une stratification permettant d'affirmer le bénéfice du second (ou premier) rappel en terme de prévention des formes graves chez les < 50ans indemnes de comorbidité ?
    Je n'en vois pas.

    Dr JP Bonnet

  • Expérience personnelle

    Le 09 mai 2022

    Une forme sévère mais inhabituelle au vu des connaissances de l'époque (fievre, myalgies, troubles digestifs, fatigue, et surtout arythmie, avec probablement embol pelvien), j'en ai gardé pendant plus de 6 mois une intense fatigabilité et un syndrome des orteils brûlants. En bon soldat, j'ai eu en janvier et février 2021 un vaccin Pfizer, suivi en octobre d'un rappel.

    Chaque injection a été suivie pendant quelques jours d'une réactivation des signes que m'avait causés l'infection initiale. Je n'ai pas échappé en février 2022 à Omicron (céphalées, troubles du rythme, fièvre).
    Tant que le vaccin ne sera pas adapté aux nouveaux variants, je me refuse à faire une seconde dose de rappel....sans pour autant passer dans le camp des anti.
    Y aurait-il des stocks à écouler ?

    Pr André Muller

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