Le tsunami tue encore pendant des années

Le tremblement de terre de force 9 et le tsunami survenus au Japon le 11 mars 2011, ont été l’une des plus grandes catastrophes naturelles de l’ère moderne. Le désastre était principalement dû au tsunami, plus de 90 % des 15 000 victimes dénombrées ayant péri noyées.

Plusieurs publications antérieures ont déjà souligné que les catastrophes naturelles majeures augmentent transitoirement l’incidence des événements aigus dont l’infarctus du myocarde (IDM) et les décès d’origine coronaire. Cependant, on ignore tout de l’impact à long terme de ces grandes catastrophes sur l’incidence de l’IDM au sein des populations concernées.

C’est ce qui a ainsi poussé M. Nakamura et coll. à examiner les effets à long terme du tremblement de terre et du tsunami survenus au Japon en 2011 sur l’incidence des IDM fatals et non fatals.

La zone géographique de l’étude a été séparée en 2 secteurs en fonction de la gravité des dégâts causés par le tsunami. Ces dégâts ont été quantifiés à partir du pourcentage de zones inondées dans les régions habitées (<10 % : faible impact ; ≥10% : fort impact du tsunami).

Le rapport standardisé d’incidence (RSI) et l’intervalle de confiance (IC) à 95 % pour les 2 types d’événements cardiaques, pendant l’année du désastre et pendant les années suivantes, ont été évalués dans chacun des 2 secteurs, à faible et fort impact du tsunami.

Au cours d’un suivi de 4 ans après la catastrophe, le RSI de l’IDM non fatal n’était pas significativement différent dans les deux secteurs. Pour ce qui est de l’IDM fatal, le RSI est resté stable pendant toute la période de l’étude dans la région à faible impact. Cependant, il était significativement plus élevé dans le secteur à fort impact en 2011 (RSI=1,80 ; IC95 % : 1,32 à 2,28) et cette augmentation du RSI s’est maintenue tout au long des trois années suivantes (2012 : RSI=2,06 ; IC95 % : 1,55 à 2,57 - 2013 : RSI=1,99 ; IC95 % : 1,49 à 2,48 - 2014 : RSI=2,12 ; IC95 % : 1,62 à 2,63).

En conclusion, ces résultats montrent que le tsunami qui est survenu au Japon en 2011 s’est accompagné, les années suivantes, d’une augmentation continue de l’incidence des IDM fatals chez les survivants. Plus précisément, pendant les 4 années qui ont suivi la catastrophe, le RSI des IDM fatals a été significativement corrélé au pourcentage de la zone inondée (r=0,83 ; p<0,001) et au nombre de décès causés par le tsunami (r=0,77 ; p<0,005), mais pas à l’intensité maximale du séisme (r=0,43 ; p=0,12).

Dr Robert Haïat

Référence
Nakamura M et coll. : Long-Term Effects of the 2011 Japan Earthquake and Tsunami on Incidence of Fatal and Nonfatal Myocardial Infarction. Am J Cardiol 2017 ; 120 : 352-358.

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