Les corticothérapies brèves ne sont pas sans risque

Si les complications des corticothérapies au long cours sont bien connues, les risques éventuels associés aux traitements courts font l’objet de moins d’attention et leur impact à l’échelle d’une population est assez mal évalué.

D’où l’intérêt de ce travail menée par une équipe états-unienne qui a réalisé une étude rétrospective portant sur les données de 1,5 million d’adultes de moins de 64 ans. L’objectif était de déterminer la fréquence des prescriptions de corticothérapies orales brèves et les effets indésirables qui leur étaient associés.

Au cours des 3 années considérées, 1 patient sur 5 a reçu une prescription de corticothérapie brève per os. Les prescripteurs sont autant les généralistes que les spécialistes, et trois principales indications se détachent : infections respiratoires hautes, pathologies rachidiennes et allergies. Le traitement le plus prescrit est la méthylprednisolone, pendant une durée de 6 jours.

Force est de constater que ces corticothérapies courtes ne sont pas sans danger, puisque dans les 30 jours qui suivent le début du traitement, l’on constate une augmentation du taux de septicémies (IRR = 5,30 ; intervalle de confiance à 95 % de 3,80 à 7,41), d’accidents thrombo-emboliques veineux (3,33 ; 2,78 à 3,99) et de fractures (1,87 ; 1,69 à 2,07), taux qui se réduit ensuite pendant les 31 à 90 jours suivants. Une analyse plus fine montre que ces risques sont présents même pour des doses quotidiennes inférieures à 20 mg/jour d’équivalent prednisone (IRR = 4,02 pour le risque de septicémie, 3,61 pour les accidents thrombo-emboliques et 1,83 pour les fractures).

Les auteurs insistent sur l’attention qui doit être portée au moment de l’initiation des traitements. Une surveillance attentive des éventuels effets secondaires devrait permettre d’améliorer la sécurité des patients.

Dr Roseline Péluchon

Références
Waljee AK et coll.: Short term use of oral corticosteroids and related harms among adults in the United States: population based cohort study
BMJ 2017;357:j1415
http://www.bmj.com/content/bmj/357/bmj.j1415.full.pdf

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