Maladie de Lyme : que deviennent les patients ?

La maladie de Lyme fait partie des infections bactériennes du système nerveux les plus fréquentes. Si les difficultés que pose le diagnostic font actuellement l’objet de nombreux articles, l’on dispose finalement de peu d’éléments concernant le devenir au long cours des patients atteints.

Une étude danoise fournit des renseignements intéressants sur le sujet. Il s’agit d’une étude de cohorte qui inclus 2 607 patients atteints de maladie de Lyme entre 1986 et 2016, le diagnostic étant établi sur la positivité du test de production intrathécale d’anticorps et un tableau clinique de borreliose de Lyme. Les données des patients ont été comparées à celles d’autant de sujets témoins concernant la mortalité, l’incidence des comorbidités, les niveaux d’études et le statut social.

Des conséquences socioprofessionnelles pour un petit nombre de patients

Comparée à celle de la cohorte témoin, la mortalité des patients atteints de maladie de Lyme n’est pas augmentée (Risque relatif 0,90 ; intervalle de confiance à 95 % IC 0,79 à 1,03). Ces derniers ont toutefois un risque supérieur de cancers hématologiques (rapport d’incidences [IRR] 3,07 ; [IC] 2,03 à 4,66) et de cancer cutané non mélanocytaire (IRR 1,49 ; IC 1,18 à 1,88). Les auteurs notent qu’au moment du diagnostic, les patients atteints de maladie de Lyme et leur famille, ont des revenus et un statut professionnels supérieurs à ceux de la cohorte témoin. Toutefois, après le diagnostic, ces conditions se dégradent et rejoignent le niveau de celles de la population témoin. Le risque de recevoir des allocations de handicap augmente sensiblement pour les patients, tandis que les membres de leur famille conservent un bon niveau de ressources. Les données semblent indiquer que la borréliose de Lyme réduit les capacités de travail pour une petite fraction de patients, rejoignant en cela les données d’une étude suédoise qui retrouvait un taux de 12 % de séquelles 5 ans après le traitement, et une étude danoise qui notait 5 % de taux de séquelle après un suivi médian de 33 mois.

Pour conclure, une note d’optimisme. Si le fait de vivre avec un handicap peut augmenter légèrement le taux de divorce, la borréliose de Lyme est aussi associée, 10 ans après le diagnostic, à un « risque d’être marié » 3 fois supérieur à celui de la population témoin.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Obel Net coll. : Long term survival, health, social functioning, and education in patients with European Lyme neuroborreliosis: nationwide population based cohort study. BMJ 2018; 361: k1998

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