Mieux détecter les incidents et erreurs peropératoires

La sécurité du patient demeure au centre des préoccupations des soignants. Depuis 20 ans on distingue les erreurs médicales (EM) des effets indésirables (EI), les premières consistant en un geste inapproprié ou en l’omission d’un geste souhaitable, les secondes en un préjudice subi par le patient au cours d’une intervention. Il peut y avoir interaction entre les deux. Les auteurs de Boston ont cherché à définir des mesures susceptibles de prévenir ces incidents survenant en peropératoire. Ils se sont servi dans ce but en même temps du dossier clinique et des comptes rendus oraux des acteurs du bloc, chirurgiens, panseuses, anesthésistes.

Tous les incidents peropératoires survenus au cours de 3 020 interventions réalisées en 2015-2016 ont été recueillis par ces 2 méthodes. Les auteurs ont développé un programme narratif relatant électroniquement tous les incidents. Ils ont, à partir du dossier, distingué les EM peropératoires (EMP) éventuellement sans suites fâcheuses et les effets indésirables peropératoires (EIP) sources de préjudices, incluant sous ce terme même les circonstances n’entraînant qu’une surveillance renforcée (par ex. une hypotension transitoire). Les comptes rendus oraux émanaient des chirurgiens, des panseuses, des anesthésistes, chacun relatant aussitôt après l’opération les anomalies ou fautes observées dans son domaine. Ultérieurement, les complications au cours des 30 j postopératoires ont été reliées aux EMP et EIP mentionnés, en tenant compte des facteurs de risque inhérents à chaque patient et du type de chirurgie pratiquée.

Combiner dossier clinique et interrogatoire des acteurs du bloc

Il y a eu 240 signalements d’incidents peropératoires (8 % ; 135 EMP et 105 EIP), dont 130 à partir du dossier et 110 à partir des rapports de l’équipe. Les 110 rapports oraux n’ont concerné que 8 EIP (intolérance au latex lors de la pose de sondes de Foley, erreurs de médicaments, un décès au bloc) ; l’immense majorité des EMP n’a eu aucune incidence sur les suites (cassure de la table d’opération, brisures d’aiguilles, difficultés à joindre un responsable etc.).

Les incidents retrouvés par examen du dossier ont eu plus de conséquences, qu’il se soit agi d’EIP (hypotension, bradycardie, tachycardie, hypothermie) ou d’EMP (allergie au latex, erreurs de médicaments). Si les EMP n’ont guère d’impact sur les suites, il n’en est pas de même pour les EIP qui multiplient par 1,47 le risque de complications.

La combinaison des 2 méthodes serait en mesure de réduire la morbidité postopératoire.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Chen Q et coll. : Improving detection of intraoperative medical errors and intraoperative adverse events and their contribution to postoperative outcomes. Am J Surgery, 2018; 216: 846-850.

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