Mieux vaut un traitement médical optimal après revascularisation d’une maladie coronaire complexe

L’étude randomisée SYNTAX (Synergy Between PCI With Taxus and Cardiac Surgery) a démontré l’effet bénéfique d’un traitement médical optimal, sur le devenir à 5 ans des patients traités par PCI (procédure interventionnelle coronaire percutanée) ou PAC (pontage aorto-coronaire) pour une maladie coronaire complexe, à savoir sténoses tritronculaires et/ou sténose du tronc commun.

Kawashima et coll. ont tenté de déterminer, dans une sous-analyse de SYNTAX (Synergy Between PCI With Taxus and Cardiac Surgery Extended Survival), l’impact du traitement médical optimal sur la mortalité à 10 ans après la réalisation, chez ces patients, d’une PCI ou d’un PAC.

Le traitement médical optimal a été défini par l’association de 4 classes de médicaments : au moins un antiagrégant plaquettaire ; une statine ; un inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine/bloqueur du récepteur de l’angiotensine ; un bêtabloqueur.

Après stratification des patients en fonction du nombre de médicaments du traitement médical optimal qu’ils prenaient, une analyse spécifique a été conduite pour évaluer l’association entre la réponse au traitement et la mortalité à 10 ans.

Moindre mortalité à 10 ans avec 3 à 4 médicaments

Les 1 472 patients qui étaient sous traitement médical optimal à la 5e année,  avaient, à 10 ans, une mortalité moindre que les patients qui ne prenaient que ≤ 2 classes de médicaments (13,1 % vs 19,9 %; hazard ration ajusté 0,470 ; intervalle de confiance 95 % : 0,292 à 0,757 ; p = 0,002) ; cependant, leur mortalité était semblable à celle des patients qui étaient sous 3 classes de médicaments.

Par ailleurs, après un PAC, les patients qui étaient, à la 5e année, sous un antiagrégant plaquettaire et une statine avaient, à 10 ans, une mortalité plus faible que les patients pontés qui ne prenaient pas ces médicaments.

En conclusion, chez les patients qui ont une maladie coronaire tritronculaire et/ou une sténose du tronc commun traitées par PCI ou PAC, la nature du traitement médical, à la 5e   année, a un impact significatif sur la mortalité à 10 ans. Ainsi, les patients qui, 5 ans après la procédure de revascularisation, sont sous le traitement pharmacologique préconisé par les recommandations internationales, ont une meilleure survie.

Dr Robert Haïat

Référence
Kawashima H et coll. : Impact of Optimal Medical Therapy on 10-Year Mortality After Coronary Revascularization. J Am Coll Cardiol., 2021 ; 78 : 27-38.

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