Nutrition et exercices physiques, pour améliorer la condition des patients atteints d’un cancer incurable

L’optimisation des prises en charge a permis un allongement de la durée de vie avec un cancer. Cela nécessite de s’interroger sur les façons d’améliorer la qualité de vie des patients, y compris de ceux qui présentent une maladie incurable. Une grande partie de ces patients souffre de cachexie à un moment ou un autre de l’évolution du cancer. Définie par une perte de poids involontaire, une balance énergétique négative, des altérations du métabolisme et une inflammation, la cachexie, non seulement altère la qualité de vie des patients, mais est aussi en elle-même un facteur de mauvaise réponse au traitement et de pronostic défavorable. Les mesures diététiques seules ne peuvent résoudre la cachexie. De leurs côtés, les exercices musculaires seuls risquent d’aggraver encore la balance énergétique. C’est pourquoi il a été proposé des programmes de réhabilitation, associant exercices physiques et support nutritionnel. Si le terme de « réhabilitation » peut paraître paradoxal dans ce contexte,il est pourtant tout à fait justifié puisque cela vise à améliorer ou à maintenir les fonctions vitales quand les effets de la maladie ou des traitements tendent à affaiblir le patient, ou encore à aider à la transition vers la dépendance quand la détérioration fonctionnelle est inévitable.

De ce fait, la réhabilitation fait désormais de plus en plus souvent partie intégrante des programmes de soin du cancer.La formule idéale n’est toutefois pas encore parfaitement définie, mais une équipe du Royaume-Uni vient d’effectuer une revue de la littérature pour recenser les travaux réalisés sur le sujet et faire le point sur les bénéfices de ces interventions de réhabilitation.

Un effet constaté sur l’endurance physique et la dépression

Force est cependant de constater que ces travaux ne sont pas très nombreux, puisque seules huit études ont pu être retenues pour une méta-analyse. Celle-ci fait apparaître l’efficacité des interventions associant support nutritionnel (prise en charge nutritionnelle, conseils diététiques et compléments nutritionnels per os) et exercices physiques, sur la dépression et sur l’endurance physique. La qualité de vie totale et la fatigue semblent elles aussi améliorées, bien que les résultats soient moins convaincants. Quant à l’amélioration de l’état fonctionnel global, la qualité des travaux ne permet pas de conclure, mais l’on peut sans doute considérer que l’amélioration de l’endurance s’accompagne d’une amélioration de l’état fonctionnel global.

Parmi les facteurs favorisant la compliance à un programme de réhabilitation, la facilité d’accès géographique est essentielle et il apparaît qu’un statut nutritionnel correct au départ favorise aussi l’adhésion au long cours. 

Pour les auteurs, ces données confirment que ce type de réhabilitation associant support nutritionnel et exercices physique peut être recommandé au stade de cancer incurable. Ils souhaitent toutefois que soient menés d’autres travaux qui permettraient de mieux préciser la composition idéale des interventions.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Hall CC et coll. Combined exercise and nutritional rehabilitation in outpatients with incurable cancer: a systematic review. Support Care Cancer 2019 ; 27 : 2371-2384.

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