Objectif HbA1c < 7,0 % chez les diabétiques de type 2, une utopie ?

Le nombre de cas de diabètes diagnostiqués a quadruplé entre 1980 et 2014 passant de 5,5 à 22 millions, une hausse concernant essentiellement les diabètes de type 2. En continuant sur cette lancée, on estime qu’aux États-Unis, 1/3 des américains seront diabétiques en 2050 avec les conséquences qui s’y rattachent en terme de morbidité et mortalité.

Les études randomisées ont clairement démontré que parvenir à un contrôle glycémique optimal prévient ou retarde l’apparition de complications diabétiques micro et macrovasculaires. Bien que l’incidence des complications augmente régulièrement quand l’hémoglobine glyquée (HbA1c) dépasse le seuil de 6,5 % (48 mmol/mol), une valeur d’HbA1c < 7 % (< 53 mmol/mol) est généralement considérée comme la valeur cible à obtenir dans le suivi des diabétiques.

Cependant, malgré de nombreuses nouvelles possibilités thérapeutiques approuvées depuis 2005, un nombre conséquent de patient n’atteignent pas leur objectif.

La moitié seulement des diabétiques de type 2 ont une HbA1c < 7 %

Les patients adultes chez lesquels est porté un diagnostic de diabète  sont traités dans 85,6 % des cas, mais selon la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), seulement environ 50 % ont des HbA1c  < 7 %. Après une augmentation initiale du pourcentage de patient atteignant une HbA1c < 7 %  entre les périodes 1988-1994 (44 %) et 2003-2006 (57 %), le taux stagne avec pour la période 2007-2010, un taux de 52 % et entre 2011 et 2014 un taux de 51 %. Les conséquences sont une augmentation des hospitalisations, des coûts de santé et des taux de décès.

Dans la population de moins de 65 ans, le risque d’hospitalisation est de 30 % pour les patients ayant une mauvaise adhésion à leur traitement et 13 % pour ceux qui le suivent. Dans la population âgée de plus de 65 ans, les taux respectifs sont de 56,2 % et 37,4 %. Une meilleure adhésion s’accompagne bien évidemment de moins de consultations en urgence, de durées d’hospitalisation plus courtes et d’un risque moindre de complications aiguës. Ainsi, il y a un fossé entre les résultats des essais cliniques et ceux dans la vraie vie. Il est donc urgent de considérer de nouvelles approches pour améliorer cet état de fait.

Pourquoi si peu d’adhésion thérapeutique ?

Le taux d’adhésion thérapeutique ne serait que de 75 %. Une tendance dépressive, une perception négative du traitement, un manque de confiance dans le système médical, ou un manque de compréhension du bien fondé du traitement, un traitement complexe, une tolérance médiocre et les coûts, sont suggérés par les auteurs comme responsables de ce défaut de traitement.

Outre une utilisation optimale des moyens thérapeutiques, ils mettent en avant l’accompagnement des patients en proposant différents moyens comme accentuer le conseil par les pharmaciens et assurer une « télésurveillance » gérée par une infirmière. Ils s’interrogent sur une autre façon de prendre les traitements (de façon hebdomadaire, combinaison, innovations de délivrance de traitement…). Surtout, ils proposent d’améliorer la communication entre cliniciens et patients afin de leur faire comprendre l’importance de l’adhésion thérapeutique.

Dr Sylvie Coito

Référence
Edelman SV et coll. : Type 2 Diabetes in the real World : The Elusive Nature of Glycemic Control. Diabetes Care. 2017, 40: 1425-1432. doi : 10.2337/dc16-1974.

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Vos réactions (3)

  • Diabétiques âgés bien équilibrés

    Le 30 novembre 2017

    Mon épouse (78 ans) et moi-même (82 ans) avons une Hb A1 C aux alentours de 6 avec une injection de Trulicity par semaine et 1000 mg de metformine matin et soir. Régime méditerranéen mais petits gâteaux de temps en temps.

    Avec les possibilités qu'offrent l'ensemble des antidiabétiques oraux, je pense que moins de 5 % de patients nécessitent de l'insuline. Mais la France est la championne mondiale de l'insulino-thérapie dans le diabète de type 2.

    J'ai fait un travail sur le diabète mis à jour régulièrement. Il suffit de me le demander sur mon site : roche.guy@orange.fr et je l'envoie, gratuitement bien sûr.

    Dr Guy Roche, ancien interniste

  • Pré-diabéte: y a rien à faire...

    Le 01 décembre 2017

    Le pré-diabète est trop souvent considéré par le médecin généraliste comme une fatalité, un stade avant l'installation du diabète alors que des mesures simples peuvent être appliqué: il est aisé de faire maigrir des patients en surpoids en supprimant quasiment les glucides + des mesures d'hygiènes sportives comme la marche tous les jours, même sur des patients minces ces mesures sont efficaces pour retrouver une glycémie dans les normes. On peut faire "redémarrer un pancréas pourvu que le patient soit volontaire. Le médecin ne doit pas dire vous devez manger un peu de tout, surement pas !

    Y.D.

  • On peut y aller je prends mes médicaments

    Le 01 décembre 2017

    Ce n'est pas "un manque de confiance dans le système médical, ou un manque de compréhension du bien fondé du traitement", mais plutôt l'idée contraire et que grâce aux ttts par la bouche il n'est nul besoin de réduire les glucides, au contraire on peut, désormais, se rattraper dans ce domaine.

    Dr JD

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