Obligation vaccinale : de premiers résultats très encourageants

Onze vaccins sont obligatoires en France pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Jusqu’à cette date, il n’y avait obligation n’était que pour 3 vaccins : diphtérie, tétanos et polio. D’autres étaient seulement recommandés : coqueluche, Haemophilus Influenzae (Hib), hépatite B, pneumocoque, rougeole, oreillons, rubéole et méningite C. La couverture vaccinale était insuffisante pour ces derniers, et les autorités sanitaires ont donc décidé d’instaurer une obligation vaccinale pour les 11 vaccins, mesure qui s’est accompagnée d’une très vaste campagne d’explications.

Forte progression pour les vaccins contre l’hépatite B et la méningite C

Un premier aperçu de l’impact de cette obligation sur la couverture vaccinale est fourni par les résultats d’une enquête en ligne menée par « l’Institut des mamans » en septembre 2018. Le questionnaire était envoyé à un échantillon représentatif de 1 000 mères d’enfants de 0 à 11 mois.

La première évaluation concerne la proportion d’enfants de 6 à 8 mois ayant reçu au moins 1 dose des vaccins recommandés à 2 et 4 mois et 1 dose de vaccin contre la méningite C, recommandé à 5 mois. Pour les premiers, les couvertures vaccinales pour la diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, Hib, qui étaient déjà élevées, restent stables (≥ 97,0 %), tandis qu’une forte progression, de 8,1 points est notée pour au moins 1 dose de vaccin contre l’hépatite B (96,8 % en 2018 vs 88,7 % en 2017). Le taux de vaccination contre le pneumocoque était lui aussi élevé en 2017 et ne progresse que légèrement (96,1 % vs 94,0 %). Une augmentation très importante du taux de vaccination contre la méningite C est aussi notée, qui passe de 43,0 % en 2017 à 74,2 % en 2018 (mais remarquons que l’introduction de cette vaccination à l’âge de 5 mois ne s’est faite qu’en avril 2017).

Des mères de mieux en mieux informées et de plus en plus favorables

Cette augmentation de la couverture vaccinale n’est peut-être pas le résultat de la seule obligation. L’enquête montre en effet une augmentation sans précédent de l’intérêt des parents pour le programme de vaccination. Cela serait une conséquence positive de la campagne d’information menée par les autorités sanitaires, à travers de nombreux media. Les mères interrogées se disent en effet plus favorables à la vaccination contre toutes les maladies graves évitables par les vaccins (68,4 % en 2018 vs 64,7 % en 2017) et estiment qu’elles sont désormais mieux informées sur les vaccins (69,4 % vs 64,6 %), changement d’autant plus remarquable qu’il fait suite à plusieurs années de désintérêt pour le sujet. La proportion des mères favorables à l’obligation vaccinale passe de 35,7 % à 48,4 %, pendant que le nombre de celles qui y sont opposées décline, de 18 % à 10,9 % comme celui de celles dont l’opinion varie selon le vaccin (41,4 % vs 32,9 %).

Il s’agit bien là de résultats encourageants. L’étude Vaccinoscopie 2019 apportera un complément d’informations pour mieux comprendre l’impact de l’obligation sur la couverture vaccinale.

Dr Roseline Péluchon

Références
Cohen R et coll. : Impact of mandatory vaccination extension on infant vaccine coverages : Promising preliminary results.
Med Mal Infect., 2018 ; publication avancée en ligne le 5 novembre. doi: 10.1016/j.medmal.2018.10.004.

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