Observance thérapeutique après un SCA, essayons les textos !

Le recours aux smartphones pour améliorer la prise en charge de diverses maladies est devenu quasi incontournable. Ainsi des SMS de rappel sont-ils susceptibles d’aider à l’observance thérapeutique, un facteur pronostique essentiel dans un grand nombre de pathologies chroniques. Des auteurs ont voulu vérifier l’intérêt de cette approche après un syndrome coronarien aigu (SCA).

Cetteétude dite TEXTMEDS (Text Messages to Improve Medication Adherence and Secondary Prevention After Acute Coronary Syndrome) a examiné les effets de l'éducation et du soutien par SMS sur l’observance thérapeutique dans les suites d’un SCA.

Il s’agit d’un essai randomisé, multicentrique, mené à simple insu, dans lequel ont été inclus 1 424 patients (âge moyen : 58 ans ± 11 ans ; hommes : 79 %) recrutés au sein de centres hospitalo-universitaires australiens. Dans le groupe témoin, la prise en charge après le SCA a obéi aux protocoles habituels, tandis que dans l’autre groupe, l’intervention a consisté à envoyer aux participants des SMS hebdomadaires multiples, dans le but de renforcer la motivation pour un mode de vie plus sain et le respect du traitement. Une communication bidirectionnelle (par SMS ou téléphone) était par ailleurs possible. Le critère d’efficacité principal était défini sur le pourcentage de patients en situation d’observance thérapeutique optimale, soit la prise d’au moins 80 % de chacun des cinq médicaments cardioprotecteurs prescrits, au terme de 6 et 12 mois de suivi.

Décevant

Les résultats sont globalement décevants. Aucune différence intergroupe significative n’a été décelée quant à l’observance globale, le risque relatif (RR) correspondant étant en effet calculé à 0,93 [intervalle de 95 % IC 95 %, 0,84-1,03] ; NS). C’était la même chose au terme de 12 mois de suivi pour chaque classe pharmacologique : aspirine : 96 % vs 96 %) ; β-bloquants : 84 % vs 84 % ; inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine/antagonistes des récepteurs de l'angiotensine : 77 % vs 80 % ; statines : 95 % vs 95 % ; anti-agrégants plaquettaires : 84 % vs 84 %.

Quant aux facteurs de risque cardiovasculaire, leur contrôle s’est avéré également voisin dans les deux groupes : pression artérielle systolique : 130 vs 129 mm Hg ; LDL-cholestérol : lipoprotéines : 2,0 vs 1,9 mmol/l ; tabagisme (NS) ; (4) pratique régulière d'une activité physique (71 % vs 68 % ; NS).

Quelques différences ont cependant été observées en ce qui concerne les facteurs de risque liés au mode de vie : ainsi dans le groupe SMS, l’IMC était plus souvent < 25 kg/m2 (21 % vs 18 % ; p = 0,01) et la consommation d’au moins 5 légumes (9 % vs 5 % ; p=0,03) d’au moins deux fruits (44 % vs 39 % ; p = 0,01) plus fréquente.

Néanmoins, il semble bien que dans les suites d’un SCA, le soutien des patients sous la forme de SMS ou d’entretiens téléphoniques réguliers n’ait pas d’effet sur l’observance thérapeutique. L’on peut juste attendre de cette approche qu’elle améliore (modestement) les facteurs de risque liés au mode de vie…

Dr Catherine Watkins

Référence
Chow CK et coll. : Text Messages to Improve Medication Adherence and Secondary Prevention After Acute Coronary Syndrome: The TEXTMEDS Randomized Clinical Trial. Circulation. 2022; 145: 1443–1455. doi.org/10.1161/CIRCULATIONAHA.121.056161.

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Vos réactions (1)

  • Observance postSCA: et si on essayait le généraliste ?

    Le 22 juin 2022

    Observance post SCA: pas de différence avec ou sans SMS. Ben voyons, si on n'avait pas organisé la pénurie de MG, les patients auraient plus le loisir d'en parler avec leur médecin traitant et ce serait sans doute plus efficace...

    Dr Philippe Heureux

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