Où l’on perd du poids avec les substituts de repas !

Force est de constater que la prise en charge des patients en surpoids ou obèses décourage parfois les soignants. Dispenser des conseils diététiques et d’hygiène de vie mobilise beaucoup d’énergie et de temps pour des résultats parfois décevants.

Certains travaux ont montré l’efficacité du remplacement de la diététique habituelle par des substituts de repas, en association avec une prise en charge comportementale. Les guidelines ne recommandent pas ces méthodes de substitution, sauf en cas de nécessité de perte de poids rapide. Elles n’ont pas toujours bonne presse, accusées d’être dangereuses, de favoriser une reprise de poids rapide et de ne pas être accessibles à tous.

Soupes, boissons ou barres, soit 810 kcal/j pendant 8 semaines

Pour en savoir plus, une équipe du Royaume-Uni a mené un essai randomisé avec l’objectif de déterminer l’efficacité et la non-dangerosité d’un programme diététique constitué de substituts de repas. Les participants, adressés par leur généraliste, étaient pris en charge gratuitement. Ils devaient remplacer les repas par 4 substituts par jour, sous forme de soupes, boissons ou barres, 750 ml de lait écrémé ou autre boisson faiblement énergétique, 2,25 l d’eau et une supplémentation en fibre, soit un apport énergétique total de 810 kcal/j.

Après 8 semaines à ce régime, une réintroduction progressive des aliments conventionnels était débutée. Pendant la phase de maintenance, comprise entre les semaines 13 et 24, les conseillers encourageaient les participants à continuer à consommer 1 substitut par jour. En cas de reprise de poids, ils pouvaient recommencer 4 semaines de substitution intégrale. Le programme était entièrement pris en charge pendant 24 semaines.

Au total 278 adultes obèses souhaitant perdre du poids ont été inclus dans cette étude. Les uns (n = 138) étaient assignés au programme de substitution, les autres (n = 140) recevaient la prise en charge conventionnelle, avec conseils diététiques et soutien pour modifier leurs habitudes hygiéno-diététiques.

Un an après, perte de poids de plus de 10 % chez 45 % des personnes du groupe substitution

Les résultats sont pour le moins spectaculaires, puisque, 1 an après le début de l’étude, les personnes ayant participé au programme de substitution des repas ont perdu en moyenne 10,7 kgs, alors que la perte moyenne pour l’autre groupe est de 3,1 kg (différence ajustée – 7,2 kgs ; intervalle de confiance à 95 % IC -9,4 à – 4,9). Une perte de poids de 10 % ou plus est constatée chez 45 % des personnes du groupe substitution et 15 % de l’autre groupe. L’amélioration de la glycémie, de la pression artérielle diastolique et des triglycérides est significativement supérieure dans le groupe substituts. Il n’apparaît pas en revanche de différence pour les autres fractions lipidiques. Les effets indésirables sont sensiblement identiques pour tous.

Les auteurs insistent sur le fait que, si après la diète de substitution il existe en effet un certain nombre de participants qui reprennent du poids, ce phénomène existe aussi dans l’autre groupe. Et finalement, au bout d’1 an,le nombre de patients ayant perdu plus de 10 % de poids est largement supérieur chez ceux qui ont bénéficié des substituts de repas.

Dr Roseline Péluchon

Références
Astbury NM et coll. : Doctor Referral of Overweight People to Low Energy total diet. Replacement Treatment (DROPLET): pragmatic randomised controlled trial. BMJ 2018;362:k3760

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