Plus de 37 % de cancers évitables pour les femmes !

Divers facteurs de risque liés au mode de vie et à l’environnement contribuent à l’augmentation de l’incidence des cancers en France. En 2015, 346 000 nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués chez les adultes de plus de 30 ans.

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a calculé la proportion de cancers qu’on peut attribuer à des facteurs de risque comportementaux ou environnementaux connus – on parle de fractions attribuables (FA).

La sélection des facteurs de risque a été faite en fonction des niveaux de preuve de cancérogénicité établis par le CIRC. Ces facteurs de risque, parce qu’ils sont modifiables, sont des cibles prioritaires de prévention.

Si certains de ces facteurs de risque font la Une des journaux, d’autres, par leur « banalité » sont gravement sous-estimés.

Toujours le tabac, l’alcool et l’obésité

Chez les femmes, 37,2 % des cancers survenus en 2015, soit 58 000 cas, sont attribuables aux facteurs de risque étudiés. Les causes majeures sont le tabac (FA : 9,3 %), l’alcool (FA : 7,5 %) et le surpoids et l’obésité (FA : 6,8 %). Les facteurs nutritionnels, qui regroupent une mauvaise alimentation (trop riche en viande, trop pauvre en fruits, légumes, fibres et laitages), le surpoids et l’obésité, le manque d’activité physique et l’alcool, étaient liés à 20 % des cancers chez les femmes.

Les cancers les plus dépendants de facteurs de risque modifiables sont, chez les femmes :
- le cancer du col utérin et de l’anus : FA au papillomavirus 100 % et 91,3 %.
- le mélanome cutané : FA au rayonnement solaire 78,5 %.
- le cancer de l’estomac : FA à H. Pylori 71,3 %.
- le cancer du poumon et du larynx : FA au tabagisme actif : 63,3 % et 67,8 %.
- le cancer du corps utérin : FA au surpoids et l’obésité : 34,1 % …

De même 36,8 % des cancers du sein sont attribuables à des facteurs de risques modifiables. Les hormones de la pilule, si souvent décriées, ont un impact relativement faible : FA de 0,8 %, alors que l’alcool a une FA de 15,1 %, le surpoids et l’obésité de 8,4 %.

Mais si on attribue à la pilule 585 cancers supplémentaires (sein, col de l’utérus) en 2015, on la crédite aussi de 2 459 cancers évités (endomètre, ovaire).

Dans cette étude, de nombreux facteurs de risque classés cancérogènes n’ont pu être inclus, entre autres de nombreuses substances chimiques présentes dans l’environnement, pour lesquelles manquent des données d’exposition ou d’estimation du risque.

Dr Catherine Vicariot

Référence
International Agency for Research on Cancer IARC (2018) : Les cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement en France métropolitaine. http://gco.iarc.fr/resources/paf-france_fr.php.

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