Possibilité de récupération tardive des fonctions urinaire et sexuelle après prostatectomie radicale

La prostatectomie radicale (PR) est l’une des options thérapeutiques proposées pour le cancer de la prostate (KP) intra-capsulaire. Mais la qualité de vie dans les suites est souvent compromise par une incontinence urinaire et/ou une impuissance.

Des auteurs allemands ont examiné la possibilité de récupération fonctionnelle tardive et donc inespérée de ces inconvénients, déjà soulignée par Lee en 2015. Ils ont analysé les données de presque 13 000 PR réalisées dans leur centre de 2007 à 2013. Après exclusion de ceux dont les troubles érectiles préexistaient à la PR, de ceux qui avaient reçu un traitement néo-adjuvant, ou des anti-androgènes dans les suites, il est resté 7 373 patients dont la fonction urinaire était connue à 1 an et 4 265 à 3 ans ; l’incontinence a été définie par l’utilisation d’au moins une couche par jour. De même la fonction érectile a pu être évaluée chez 2 285 et 1 323 sujets à 1 et 3 ans ; la puissance sexuelle a été accordée aux malades dont le score de réponses au questionnaire IIEF était > 18.

La continence est restée insuffisante chez 974 (13,2 %) et 387 (9,1 %) patients à 1 et 3 ans, ce qui représente, entre 1 et 3 ans, un taux d’amélioration de 60 % : (974-387)/974.

En ce qui concerne les troubles érectiles, 1 115 sujets s’en plaignaient, ce qui représentait presque la moitié des 2 285 hommes examinés à 1 an. Ils n’étaient plus que 482 à souffrir de cette insuffisance à 3 ans, avec donc un taux d’amélioration de 56 %. Il est vrai que 45 % d’entre eux utilisaient des inhibiteurs de la 5-phospho-diestérase ou des injections intra-caverneuses.

Un optimisme raisonnable quand les troubles sont modérés à 1 an

Certains facteurs jouent un rôle pour favoriser ou compromettre les chances de récupération ; le plus important facteur positif est le jeune âge et le plus important facteur délétère est le fait d’avoir eu une radiothérapie en sus de la chirurgie. La gravité de l’incontinence (plus de 3 couches par jour) est également un facteur de risque significatif d’une moindre chance de récupération. Pour l’impuissance, les opérés dont le score IIEF à 12 mois était < 12 ont significativement moins de chances de récupérer leur vigueur que ceux dont le score à 1 an est > 12.

On peut donc inférer que les troubles urinaires ou sexuels modérés à 12 mois ont de bonnes chances de se normaliser à 3 ans, ce qui permet d’afficher vis-à-vis de ces patients un optimisme raisonnable.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Mandel P et coll. : High chance of late recovery of urinary and erectile function beyond 12 months after radical prostatectomy. Eur Urol., 2017;71:848-850.

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Vos réactions (2)

  • Suivi de PR "chez nous" ?

    Le 16 juillet 2017

    Merci pour avoir résumé cet article d'une étude allemande.
    Y a t-il en France des centres où l'on fait un suivi des inconvénients liés à une PR ?
    Ce patient avec un KP avait 62 ans quand on lui a proposé une PR par chirurgie automatisée et avec un confortable dépassement d'honoraires.

    Le suivi immédiat s'est bien passé mais depuis cette opération en 2013 aucune demande de son chirurgien urologue pour avoir un suivi des inconvénients...Est ce par ce que c'était dans une clinique privée?

    Michel Laine

  • Confortable dépassement d'honoraires

    Le 20 juillet 2017

    Oh, ça existe aussi chez les médecins ? Et pas de surveillance des suites ? Evénement indésirable !
    Dr S. SCcapa

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