Pour la santé, la sieste n’est pas de tout repos !

L'objectif de cette étude insolite était d'examiner l'association entre la fréquence des siestes diurnes et l'incidence de l'HTA essentielle et des AVC, ainsi que de valider la causalité de cette relation par le biais de la randomisation mendélienne.

À cette fin, une analyse de régression de Cox a été effectuée sur 358 451 participants britanniques (âgés de 40 à 69 ans, qui avaient régulièrement fourni des mises à jour sur leur santé entre 2006 et 2010, en mentionnant les siestes) ne souffrant ni d’HTA ni d'AVC piochés dans la UK Biobank.

Pour valider les résultats de l'analyse observationnelle, une randomisation mendélienne a été effectuée pour déterminer la causalité entre la fréquence des siestes diurnes (123 single nucleotide polymorphisms) et l'HTA essentielle dans la FinnGen Biobank, l'AVC et l'AVC ischémique dans le consortium MEGASTROKE.

La sieste régulière exposerait à un risque d’HTA supérieur de 12 % à un risque d’AVC plus élevé de 24 % 

Par rapport au fait de ne jamais faire de sieste, le fait de faire habituellement la sieste a été associé à un risque plus élevé d'HTA essentielle (Hazard ratio HR 1,12 [intervalle de confiance à 95 % IC95 %, 1,08 - 1,17]), d'AVC (RR, 1,24 [IC95 %, 1,10 - 1,39]) et d'accident vasculaire cérébral ischémique (HR 1,20 [IC95 %, 1,05 - 1,36]) dans l’analyse observationnelle prospective.

Les résultats de la RM sur un échantillon et sur deux échantillons ont indiqué que la fréquence accrue des siestes pendant la journée était susceptible d'être un facteur de risque causal potentiel pour l'hypertension essentielle dans FinnGEN (odds ratio, OR 1,43 [IC95 %, 1,06 - 1,92]) et UK Biobank (odds ratio, 1,40 [IC95 %, 1,28 - 1,58]).

Les résultats de la randomisation mendélienne sur 2 échantillons ont confirmé l'effet causal potentiel de la fréquence des siestes sur les accidents ischémiques cérébraux dans l'étude MEGASTROKE (OR 1,29 [IC95 %, 1,04 - 1,62]).

À quel traver(saint) se vouer ? Corrélation ou causalité ?

Et si les « siesteurs » siestaient en raison d'un mauvais sommeil nocturne, lui-même associé à une moins bonne santé ? Car rassurez-vous l’étude a également montré que la plupart des siesteurs réguliers étaient des hommes qui fumaient, buvaient quotidiennement, avaient un niveau socio-économique inférieur et faisaient état à la fois d’insomnies et de ronflements.

Quoi qu’il en soit, cette étude fait écho à d'autres qui montrent que faire plus de siestes semble refléter un risque accru de problèmes de santé cardiaque et neurologiques. Ainsi, en 2008, une étude avait déjà montré que la pression artérielle pouvait augmenter après la sieste et donc être incriminée dans la survenue d’AVC…

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Yang MJ et coll. : Association of Nap Frequency With Hypertension or Ischemic Stroke Supported by Prospective Cohort Data and Mendelian Randomization in Predominantly Middle-Aged European Subjects. Hypertension. 2022 ; publication avancée en ligne le 25 juillet. doi: 10.1161/HYPERTENSIONAHA.122.19120.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (2)

  • Ah les statistiques...

    Le 28 juillet 2022

    Est-on bien sûr dans cette étude d'avoir corrélé des variables responsables...? Sieste et HTA, ésotérique, pourquoi pas potomanie et obésité ?

    Dr Astrid Wilk

  • Vraiment ?

    Le 28 juillet 2022

    Donc c'est la sieste qui augmente le risque d'HTA et/ou d'AVC et non le fait que la plupart des sujets ronflent, boivent, fument, et aient probablement d'autres facteurs signant une mauvaise hygiène de vie (niveau socio-économique pouvant être lié à une alimentation déséquilibrée et de mauvaise qualité). Sérieusement, c'est ça la science en 2022?

    Dr Franck Hugbéké

Réagir à cet article

Les réactions sont réservées aux professionnels de santé inscrits et identifiés sur le site.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.


Lorsque cela est nécessaire et possible, les réactions doivent être référencées (notamment si les données ou les affirmations présentées ne proviennent pas de l’expérience de l’auteur).

JIM se réserve le droit de ne pas mettre en ligne une réaction, en particulier si il juge qu’elle présente un caractère injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ou qu’elle peut porter atteinte à l’image du site.